Résumé
Les législateurs français ont avancé un amendement visant à introduire une nouvelle taxe sur la « richesse improductive », incluant explicitement les avoirs en cryptomonnaies. Cette taxe proposée vise à prélever un taux forfaitaire de 1 % sur les actifs dépassant 2 millions d'euros, une mesure qui a été adoptée par l'Assemblée nationale et qui attend maintenant l'examen du Sénat. Cette initiative marque un changement dans l'approche réglementaire de la France vis-à-vis des actifs numériques, influençant potentiellement le comportement d'investissement et la liquidité du marché au sein de l'écosystème crypto de la nation.
L'événement en détail
Le 22 octobre, l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, a approuvé un amendement aux lois fiscales du pays par un vote de 163 voix contre 150. Introduit par le député centriste Jean-Paul Matteï, cet amendement vise à redéfinir et à élargir le champ d'application de la « richesse improductive » soumise à l'impôt. Selon les changements proposés, les « biens improductifs » précédemment exemptés perdraient leur statut, et la liste des actifs imposables s'étendrait pour englober les biens immobiliers non productifs, les objets précieux, les aéronefs et les actifs numériques, y compris les cryptomonnaies.
Mécanismes financiers de la taxe proposée
Au cœur de l'effort législatif se trouve l'imposition d'un taux d'imposition forfaitaire de 1 % sur la « richesse improductive » qui dépasse un seuil de 2 millions d'euros (2,3 millions de dollars). Cela représente une augmentation par rapport au seuil précédent de 1,3 million d'euros (1,5 million de dollars) pour d'autres catégories de richesse et remplacerait le système fiscal progressif existant pour ces actifs. La classification de la crypto comme « actif improductif » l'assimile à des réserves ne contribuant pas directement à l'économie réelle, une distinction essentielle à la logique de la taxe.
Implications pour le marché et positionnement stratégique
Les implications potentielles pour le marché français des cryptomonnaies sont substantielles. En classant la crypto comme « richesse improductive », la taxe pourrait contraindre les détenteurs français de cryptomonnaies ayant des portefeuilles importants à liquider des actifs, affectant ainsi la liquidité du marché. Cette politique pourrait également décourager de nouveaux investissements dans la crypto en France, contredisant potentiellement les efforts précédents du pays pour cultiver un environnement favorable à la crypto. La France s'était établie comme une nation européenne leader pour les actifs numériques d'ici 2025, avec un taux de pénétration des utilisateurs projeté de 23,96 % en 2025, augmentant à 24,52 % d'ici 2026. La nouvelle taxe pourrait remettre en question cette trajectoire, ayant un impact sur la croissance attendue du marché français des cryptomonnaies, qui devait atteindre 3,0 milliards de dollars avec un revenu moyen par utilisateur pouvant atteindre 187,2 dollars.
Éric Larchevêque, co-fondateur du fabricant de portefeuilles cryptographiques Ledger, a exprimé ses préoccupations concernant l'impact de l'amendement. Il a déclaré que la mesure « pénalise tous les épargnants qui souhaitent s'ancrer financièrement à l'or et au Bitcoin pour protéger leur avenir ». Cette perspective met en lumière le débat entourant l'utilité économique et la philosophie d'investissement derrière les actifs numériques dans un cadre financier plus large. Le sentiment fait écho aux discussions dans d'autres juridictions, où certains économistes ont soutenu que les investissements dans les actifs numériques pourraient ne pas stimuler directement la productivité économique traditionnelle comme la construction d'usines ou la création d'emplois, les considérant comme moins « productifs » que les actifs de capital traditionnels.