Anthropic a révélé que Claude a rédigé plus de 80 % du code fusionné dans ses systèmes de production en mai 2026, contre un taux inférieur à un chiffre avant le lancement de son agent de codage interne en février 2025 — un signe précoce d'auto-amélioration récursive dans le développement de l'IA.
« Le code écrit par Claude était un peu moins bon que le code écrit par les humains chez Anthropic fin 2025, est à peu près à parité aujourd'hui, et nous nous attendons à ce qu'il soit strictement meilleur d'ici un an », selon un extrait du rapport publié par l'Anthropic Institute.
Le gain de productivité est considérable. L'ingénieur type d'Anthropic a fusionné huit fois plus de code par jour au deuxième trimestre 2026 qu'en 2024, l'humain se contentant désormais de diriger et de relire pendant que Claude écrit. Sur le benchmark interne de l'entreprise — demandant à l'IA d'optimiser le code qui entraîne un petit modèle — Claude Opus 4 a obtenu en moyenne un gain de performance de 3x en mai 2025. En avril 2026, son modèle Mythos Preview a atteint 52x. Un humain expérimenté a besoin de quatre à huit heures pour obtenir une amélioration de 4x.
Ces résultats ont des implications qui dépassent le cadre d'Anthropic. Si la tendance se poursuit, les systèmes d'IA pourraient concevoir et construire leurs propres successeurs, compressant les délais de développement d'une manière que l'industrie n'a pas encore intégrée dans ses prix. Anthropic, qui a récemment déposé un dossier d'introduction en bourse confidentiel avec une valorisation privée de 965 milliards de dollars et un chiffre d'affaires annualisé de 47 milliards de dollars, a construit sa marque autour de la sécurité — et l'accélération du développement soulève les enjeux tant pour les opportunités commerciales que pour la gestion des risques.
L'entreprise applique le même test à chaque modèle. Face à une session où un chercheur avait pris une mauvaise direction, Mythos Preview a choisi une meilleure prochaine étape dans 64 % des cas, contre 51 % pour Opus 4.5 en novembre 2025. Le jugement en recherche — la capacité à choisir quels problèmes sont les plus importants — reste plus difficile à automatiser, et Anthropic a précisé que Claude n'a pas encore démontré ce discernement.
Claude Code stimule les revenus des entreprises
La capacité de codage est devenue le produit commercial le plus visible d'Anthropic. Claude Code, sa plateforme de développement logiciel, a généré 2,5 milliards de dollars de revenus annualisés, et les abonnements professionnels ont quadruplé depuis le début de l'année. Les utilisateurs en entreprise représentent plus de la moitié de ces revenus, a déclaré le PDG Dario Amodei à CNBC. Dans l'ensemble, environ 80 % de l'activité d'Anthropic provient de clients entreprises.
Le chiffre d'affaires annualisé de l'entreprise a atteint 47 milliards de dollars début mai, contre 30 milliards de dollars en avril et 10 milliards de dollars un an plus tôt. Anthropic a récemment levé 65 milliards de dollars pour une valorisation de 965 milliards de dollars, dépassant la valorisation rapportée d'OpenAI de 852 milliards de dollars en mars.
Les avancées en cybersécurité ajoutent une nouvelle source de revenus
Le modèle de pointe Mythos Preview d'Anthropic a identifié des milliers de vulnérabilités zero-day, y compris dans tous les principaux systèmes d'exploitation et navigateurs web. Cela a conduit au projet Glasswing, un partenariat avec Nvidia, Amazon Web Services, Apple, Google, Broadcom, Microsoft, Cisco, CrowdStrike et Palo Alto Networks pour colmater les brèches de sécurité.
Cette application en cybersécurité ouvre un nouveau canal commercial pour Anthropic au-delà du codage et de l'utilisation générale des chatbots. Elle positionne également l'entreprise comme un fournisseur d'infrastructures critiques plutôt que comme une simple marque grand public d'IA — une distinction qui pourrait compter lorsque les investisseurs évalueront son introduction en bourse.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
La révélation par Anthropic que Claude accélère le développement de l'IA remet en cause l'hypothèse selon laquelle les chercheurs humains resteraient le goulot d'étranglement dans le progrès des modèles de pointe. Si la courbe continue de s'infléchir, le coût et le temps nécessaires pour construire chaque génération successive d'IA pourraient diminuer considérablement.
Pour les investisseurs, la question clé est de savoir si cette tendance profite à la valorisation privée d'Anthropic ou crée un risque pour les fournisseurs de cloud établis qui dépendent des ventes de GPU. Nvidia, dont les GPU H100 et B200 alimentent une grande partie de l'infrastructure actuelle d'entraînement de l'IA, pourrait faire face à des changements de demande si les modèles deviennent suffisamment efficaces pour nécessiter moins de puissance de calcul par gain de capacité. L'introduction en bourse d'Anthropic, attendue dès le mois prochain, donnera aux investisseurs des marchés publics leur première chance de valoriser directement ces dynamiques.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.