Les responsables de la Banque du Canada signalent une nouvelle position ferme, avec un procès-verbal de réunion révélant un comité prêt à relever son taux directeur de 2,25 % si les risques géopolitiques et commerciaux alimentent l'inflation.
Les décideurs de la Banque du Canada ont convenu qu'ils pourraient devoir pivoter rapidement pour relever les taux d'intérêt par rapport au niveau actuel de 2,25 %, citant les risques liés au conflit au Moyen-Orient, les tensions commerciales avec les États-Unis et les contraintes de l'offre intérieure sous-estimées, selon le procès-verbal de leur réunion du 29 avril.
« La situation pourrait évoluer rapidement et les taux pourraient devoir augmenter pour se protéger contre une inflation durable », indique le résumé des délibérations du Conseil de direction, même si les membres ont convenu qu'ils « avaient de la marge pour rester patients pour le moment ».
Le procès-verbal reflète une banque centrale aux prises avec des chocs externes, notant que le prix de référence mondial du pétrole était volatil et supérieur à 100 $ le baril au moment de leur réunion. Cela a été toléré jusqu'à présent, car les gouverneurs « estimaient pouvoir ignorer le choc inflationniste initial dû à la hausse des prix du pétrole ». La répartition des votes pour la décision n'a pas été divulguée.
Le ton ferme introduit une incertitude significative pour les marchés canadiens, suggérant que la patience de la banque centrale est limitée. Bien que les responsables soient prêts à ignorer les effets de premier tour des coûts énergétiques élevés, tout signe indiquant que l'inflation s'enracine dans l'ensemble de l'économie pourrait déclencher un resserrement rapide de la politique, un risque qui n'est pas entièrement intégré par les marchés anticipant un maintien prolongé.
Les tensions géopolitiques et commerciales au centre des préoccupations
Le principal moteur de la position prudente mais ferme de la Banque est l'imprévisibilité de l'environnement mondial. Le procès-verbal mentionne explicitement la « forte augmentation des prix mondiaux du pétrole et la volatilité accrue » découlant du conflit au Moyen-Orient. Les responsables ont basé leur hypothèse de référence sur une baisse des prix du pétrole au cours des prochains trimestres, conformément à la courbe des contrats à terme, mais ont noté une « incertitude considérable entourant cette hypothèse en raison de la trajectoire imprévisible de la guerre ».
Au-delà des marchés de l'énergie, les tensions commerciales avec les États-Unis ont également été signalées comme un risque majeur. Bien que non détaillés dans le procès-verbal, les différends commerciaux en cours pourraient perturber les chaînes d'approvisionnement et accentuer les pressions inflationnistes, forçant la main de la Banque du Canada. La banque a maintenu son taux directeur à 2,25 % depuis sa dernière hausse de 25 points de base fin 2025, mais les derniers commentaires suggèrent que le seuil pour une nouvelle augmentation pourrait s'abaisser.
L'économie intérieure fait preuve de résilience, compliquant la politique
La résilience de l'économie intérieure dans certains secteurs complique les décisions de la Banque. Le procès-verbal indique que les gouverneurs « ont reconnu qu'il pourrait y avoir moins d'offre excédentaire qu'estimé, et que l'écart de production pourrait se résorber plus rapidement que prévu ».
Ce point de vue est soutenu par les récents résultats d'entreprises. Finning International, le plus grand concessionnaire Caterpillar au monde, a déclaré le 12 mai que son « activité au Canada prend le relais de la croissance avec un nouvel élan commercial dans tous les secteurs du marché ». Le PDG de la société a noté des perspectives positives pour l'Ouest canadien, avec une forte activité dans le secteur minier et une demande soutenue du secteur pétrolier et gazier.
Cette force économique sous-jacente signifie que tout choc inflationniste supplémentaire provenant de facteurs mondiaux pourrait plus facilement se traduire par une spirale des prix plus large et plus persistante. La Banque du Canada a clairement indiqué qu'elle agirait de manière décisive pour prévenir un tel résultat, même si cela implique de changer de cap sur les taux d'intérêt plus rapidement que prévu.
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