Points clés :
- Les ventes au détail au Canada ont augmenté de 0,5 % en avril, en deçà de l'estimation préliminaire de 0,6 %, la hausse des prix de l'essence ayant soutenu un quatrième mois consécutif de croissance.
Points clés :

OTTAWA -- Les ventes au détail au Canada ont augmenté pour un quatrième mois consécutif en avril, soutenues par l'accroissement des transactions dans les stations-service et les distributeurs de carburant, bien que cette progression soit légèrement inférieure aux attentes des économistes, illustrant une reprise inégale de la consommation façonnée par la hausse des coûts énergétiques.
Les ventes ont augmenté de 0,5 % par rapport à mars pour atteindre 73,03 milliards de dollars canadiens (51,65 milliards de dollars US) en données désaisonnalisées, a rapporté vendredi Statistique Canada. Ce chiffre est légèrement inférieur à l'estimation préliminaire de 0,6 % de l'agence et fait suite à une progression révisée à la hausse de 0,9 % en mars. Sur un an, les ventes au détail ont augmenté de 3,7 %, un rythme en ralentissement par rapport aux 4,1 % enregistrés en mars.
« Le chiffre d'ensemble est respectable, mais sa composition importe », a déclaré Avery Chen, économiste senior chez BMO Marchés des Capitaux. « Lorsque les stations-service sont le principal moteur, on peut se demander si les consommateurs paient simplement plus à la pompe plutôt que d'accroître leur consommation globale. »
Les stations-service et les distributeurs de carburant ont enregistré les plus fortes hausses parmi les catégories de vente au détail, reflétant la hausse des prix à la pompe qui a gonflé les recettes nominales, même si les volumes sont restés modérés. L'estimation préliminaire de l'agence pour mai indiquait une augmentation de 1 % des ventes au détail, bien que ce chiffre soit basé sur les réponses de 52,1 % des détaillants interrogés et soit susceptible d'être révisé lors de la publication du rapport complet le mois prochain.
La hausse soutenue des dépenses de détail nominales apporte un certain soutien à la Banque du Canada alors qu'elle évalue la trajectoire des taux d'intérêt. La banque centrale a maintenu son taux directeur à 4,25 % lors de sa réunion du 3 juin, maintenant une position restrictive après avoir réduit de 75 points de base son niveau record de 5,00 % en 2024. Les swaps de taux au jour le jour intègrent actuellement environ 50 points de base d'assouplissement supplémentaire d'ici la fin de l'année, soit environ deux baisses d'un quart de point, la première baisse étant entièrement anticipée pour la réunion d'octobre.
Les données d'avril soulignent également un écart croissant entre l'activité de détail nominale et réelle. Les prix de l'essence représentant une part disproportionnée de l'augmentation mensuelle, le volume de biens achetés pourrait croître plus lentement que ne le suggère le chiffre global. La dernière fois que les distributeurs de carburant ont soutenu une part comparable des gains du commerce de détail remonte au premier trimestre 2025, lorsque l'indice des prix à la consommation pour l'énergie dépassait 8 % sur un an et que la Banque du Canada maintenait encore ses taux à 4,50 %.
Sur les marchés des changes, le dollar canadien a montré une réaction limitée à cette publication, la paire USD/CAD s'échangeant près de 1,4130 peu après la diffusion des données, pratiquement inchangée sur la séance. Le huard s'est affaibli d'environ 4 % face au billet vert cette année, sous la pression du cycle de baisse des taux de la Banque du Canada par rapport au statu quo prolongé de la Réserve fédérale entre 5,25 % et 5,50 %. Un ralentissement durable des dépenses de consommation pourrait accélérer cet écart s'il incite la BdC à réduire ses taux plus agressivement que ce que les marchés anticipent actuellement.
Sur les marchés obligataires, le rendement à deux ans du Canada a cédé 2 points de base à 3,42 % après la publication, tandis que le rendement à dix ans est resté stable à 3,58 %. L'aplatissement modeste de la courbe suggère que les opérateurs ont perçu les données comme légèrement favorables au biais d'assouplissement de la BdC, bien que l'écart par rapport à l'estimation préliminaire ait empêché un mouvement plus prononcé.
Pour l'avenir, le rapport sur les ventes au détail de mai — dont la publication est prévue le 24 juillet — sera crucial pour déterminer si la trajectoire des dépenses de consommation s'accélère ou plafonne. Si l'estimation préliminaire d'une croissance de 1 % se confirme, il s'agirait de la plus forte hausse mensuelle depuis janvier, suggérant que le deuxième trimestre s'est achevé sur des bases plus solides. Une révision à la baisse, en revanche, renforcerait les inquiétudes selon lesquelles la hausse des coûts énergétiques évince les dépenses discrétionnaires et pourrait accroître la pression sur la banque centrale pour accélérer son cycle d'assouplissement.
La prochaine décision de politique monétaire de la Banque du Canada, le 15 juillet, intégrera les données des ventes au détail de mai ainsi que le rapport sur l'IPC de juin, attendu le 16 juillet. Les économistes surveilleront tout signe indiquant que la dynamique de consommation est suffisamment large pour empêcher l'inflation sous-jacente de tomber en dessous de l'objectif de 2 % de la banque centrale, d'autant plus que les coûts liés au logement continuent de se modérer.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.