Pékin a élargi lundi les restrictions commerciales à 40 entités japonaises, intensifiant un différend déclenché par la position de Tokyo sur Taïwan et son renforcement militaire.
Pékin a élargi lundi les restrictions commerciales à 40 entités japonaises, intensifiant un différend déclenché par la position de Tokyo sur Taïwan et son renforcement militaire.

Pékin a élargi lundi les restrictions commerciales à 40 entités japonaises, intensifiant un différend déclenché par la position de Tokyo sur Taïwan et son renforcement militaire.
La Chine a interdit lundi aux entreprises chinoises de vendre des biens à double usage à 20 entrepreneurs et instituts de recherche japonais, tout en plaçant 20 autres entreprises sous surveillance renforcée, intensifiant la pression économique sur l'expansion militaire et la politique taïwanaise de Tokyo.
"Les mesures de la Chine sont totalement justifiées, raisonnables et conformes à la loi. Elles visent à dissuader fermement la quête imprudente du Japon pour un 'nouveau militarisme'", a déclaré le ministère du Commerce dans un communiqué, accusant Tokyo de poursuivre sur la mauvaise voie après les avertissements de Pékin en février.
La liste des entités restreintes comprend des unités de Mitsubishi Heavy Industries, qui construit des navires de guerre et des systèmes de défense, Nikko Tokki, un fournisseur de pièces pour les Forces d'autodéfense et les garde-côtes japonais, ainsi que l'Institut national d'études de défense. Une filiale de Komatsu a également été ajoutée. La liste de surveillance couvre Mitsui E&S, qui fabrique des moteurs de navires, des divisions de Fujitsu Corp., ainsi que des entreprises spécialisées dans les drones et le combustible nucléaire. Les biens à double usage concernés incluent les terres rares utilisées dans les moteurs et les aimants, les machines-outils, les batteries et les équipements de fabrication de puces.
Cette escalade menace les chaînes d'approvisionnement dans les secteurs japonais de la défense, de la machinerie et des industries dépendantes des terres rares. Pékin avait déjà restreint les expéditions de terres rares lourdes vers le Japon après que la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré en novembre que le Japon pourrait être entraîné dans tout conflit concernant Taïwan, une île autonome que la Chine revendique comme sienne. Le Japon doit réviser ses documents de défense et de sécurité d'ici décembre, ce qui pourrait potentiellement accroître encore son budget de défense.
La série de mesures de février ciblait IHI Corp. et NEC Corp., parmi 20 entreprises japonaises, et a été suivie par Pékin qui a réduit les vols à destination du Japon et conseillé aux touristes chinois de ne pas s'y rendre. La semaine dernière, la Chine a annoncé avoir détenu deux ressortissants japonais sans en révéler la raison. Le Japon a répondu lundi en déployant un lanceur de missiles Type-12 sur Minamitorishima, son île la plus méridionale, une apparente contre-mesure à la présence croissante de la Chine dans le Pacifique.
Terres rares et levier sur la chaîne d'approvisionnement
La Chine contrôle environ 60 % de l'extraction mondiale de terres rares et une part encore plus importante du traitement, ce qui lui confère un levier considérable sur les fabricants japonais. Les restrictions sur les biens à double usage couvrent les terres rares essentielles pour les moteurs de véhicules électriques, les systèmes de défense et l'électronique avancée, ainsi que les machines-outils, les batteries et les équipements de production de semi-conducteurs. La précédente série de mesures en février avait déjà restreint les exportations de terres rares lourdes vers le Japon, et la nouvelle expansion élargit le champ pour inclure davantage de composants industriels et liés à la défense.
Implications pour les marchés et perspectives
Pour les investisseurs, le principal risque est une perturbation durable de la chaîne d'approvisionnement. Les entrepreneurs japonais de la défense, notamment Mitsubishi Heavy Industries, IHI et NEC, font face à d'éventuelles pénuries de biens à double usage en provenance de Chine. Les prix des terres rares pourraient subir des pressions à la hausse si Pékin renforce encore les contrôles. Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France ont publié la semaine dernière une rare déclaration commune condamnant les activités chinoises dans les eaux à l'est de Taïwan, ajoutant une dimension multilatérale à l'impasse. La révision des documents de défense du Japon prévue d'ici décembre sera un catalyseur clé à surveiller — toute nouvelle augmentation des dépenses de défense pourrait déclencher des mesures de rétorsion supplémentaires de la part de la Chine.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.