Le Conseil des affaires d'État chinois a approuvé un plan d'envergure visant à accélérer la construction de six grands systèmes d'infrastructures, une mesure destinée à stimuler l'économie nationale et à garantir son leadership dans les technologies de nouvelle génération. L'initiative, annoncée à l'issue d'une réunion exécutive présidée par le Premier ministre Li Qiang, cible les nouveaux réseaux électriques, les réseaux de puissance de calcul et les systèmes de communication avancés, parallèlement aux réseaux traditionnels d'eau, de canalisations urbaines et de logistique.
La directive politique souligne la nécessité de « renforcer la planification et la construction » de ces réseaux afin de mieux coordonner l'offre et la demande et de favoriser un cycle économique intérieur plus résilient. La réunion a noté qu'outre l'expansion de la demande effective, il est crucial de « promouvoir le développement coordonné de l'offre et de la demande ainsi que la liaison et la montée en gamme » de l'économie, signalant un passage vers une croissance de meilleure qualité, axée sur la technologie.
Cet accent mis sur les « nouvelles infrastructures » s'aligne sur les objectifs stratégiques à long terme de Pékin. La Chine est déjà devenue le principal partenaire économique de nombreux pays en développement, utilisant l'investissement dans les infrastructures comme un outil clé de sa politique étrangère, comme en témoignent l'initiative « la Ceinture et la Route » et son engagement en Afrique et en Asie centrale. Selon les données de 2025, les échanges de la Chine avec le seul Ouzbékistan ont atteint 17,2 milliards de dollars, représentant plus de 21 % du commerce extérieur total du pays et dépassant la Russie. Cette poussée des infrastructures nationales est le pendant interne de cette stratégie externe, visant à bâtir des fondations inébranlables à domicile.
Le plan prévoit de canaliser d'importants investissements soutenus par l'État vers des secteurs technologiques et industriels clés, renforçant ainsi la quête d'autosuffisance de la Chine. Pour les investisseurs, la politique trace une feuille de route claire des priorités gouvernementales, susceptible de déclencher un rallye haussier pour les entreprises impliquées dans la construction de centres de données, de réseaux 5G/6G, de réseaux intelligents et de logistique avancée. Cette initiative contraste avec ce que certains analystes, comme James Shikwati de l'Inter Region Economic Network, décrivent comme les « initiatives épisodiques et volatiles » du capital privé occidental.
Pivot stratégique vers les « nouvelles infrastructures »
L'inclusion de la puissance de calcul, des nouveaux réseaux électriques et des réseaux de communication de nouvelle génération constitue le cœur de la nouvelle politique. Le développement d'un « réseau national de puissance de calcul » est une réponse directe à la croissance explosive de l'intelligence artificielle et de l'économie numérique, qui nécessitent de vastes capacités de traitement de données. Cela s'appuie sur la domination existante des entreprises technologiques chinoises comme Huawei et ZTE dans la construction de l'épine dorsale numérique de l'Afrique, comme le note WeeTracker, et tourne cette expertise vers l'intérieur.
La promotion des « nouveaux réseaux électriques » est tout aussi stratégique. Il ne s'agit pas seulement de lignes de transmission traditionnelles, mais de réseaux intelligents et flexibles capables de gérer la nature intermittente des sources d'énergie renouvelables et de soutenir la demande massive d'électricité d'un marché des véhicules électriques en plein essor et d'un réseau de centres de données en expansion. Cela s'attaque à un goulot d'étranglement critique dans la transition énergétique et soutient les objectifs plus larges de développement vert du pays.
Renforcer le moteur domestique
Cette initiative d'infrastructure est une composante centrale de la stratégie de « double circulation » de la Chine, qui cherche à s'appuyer davantage sur la demande intérieure tout en restant ouverte au commerce international. En modernisant ses infrastructures internes, Pékin vise à créer un marché intérieur plus efficace et intégré, en réduisant les coûts logistiques et en favorisant les pôles industriels.
La politique reflète un modèle plus large où la Chine établit ses propres cadres pour accélérer l'innovation et garantir sa souveraineté économique. Tout comme son récent « Décret 818 » a créé une voie parallèle et plus rapide pour la commercialisation de thérapies cellulaires et géniques avancées, ce plan d'infrastructure crée une voie rapide dirigée par l'État pour construire les fondations physiques et numériques de son économie future. Alors que la croissance intérieure ralentit, cet investissement à grande échelle est conçu pour créer de nouvelles sources de demande et garantir que la Chine conserve le contrôle sur les chaînes d'approvisionnement et les technologies critiques qui définiront la prochaine décennie.
Cet article est fourni à titre indicatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.