Le comité économique du Parlement européen souhaite que la Commission européenne évalue si les DeFi, le staking, les prêts et les NFT devraient relever de MiCA.
La Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a voté vendredi 43-14 en faveur du dépôt d'un rapport non contraignant invitant la Commission européenne à évaluer si les prêts et emprunts de cryptoactifs, le staking, les jetons non fongibles et la finance décentralisée devraient être réglementés dans le cadre du règlement de l'Union européenne sur les marchés de cryptoactifs. Le rapport, rédigé par le député belge Johan Van Overtveldt, appelle également à promouvoir la tokenisation dans les services financiers et à encourager les stablecoins libellés en euro.
« Le rapport salue les stablecoins libellés en euro dans le cadre de MiCA et encourage leur développement pour soutenir le secteur des paiements du bloc », a déclaré la commission dans la résolution, qui sera soumise au vote du Parlement européen en session plénière le 7 juillet. Si elle est adoptée, la résolution deviendrait la position officielle du Parlement sur la politique des actifs numériques, mais elle ne modifierait pas MiCA ni ne créerait de nouvelles obligations juridiques.
La commission a mis en garde les États membres contre l'introduction d'exigences nationales allant au-delà de MiCA qui pourraient fragmenter l'industrie des actifs numériques du bloc, alors que la période transitoire du règlement prend fin le 1er juillet. Après cette date, les prestataires de services sur cryptoactifs doivent généralement détenir une autorisation au titre de MiCA pour continuer à opérer dans toute l'UE — une échéance qui a déjà contraint Binance à suspendre certains services pour les utilisateurs de l'UE après n'avoir pas obtenu de licence via la Grèce.
Les stablecoins en euro gagnent un soutien politique
Le rapport marque un changement de ton de la part de Van Overtveldt, qui en 2023 comparait les cryptomonnaies à de la drogue lors de la crise bancaire liée à la Silicon Valley Bank et à la Signature Bank. Cette nouvelle position s'aligne sur la vision plus large de la commission pour l'écosystème de la monnaie numérique en Europe : mardi, l'ECON a approuvé une législation pour un euro numérique, les législateurs arguant que les formes publiques et privées de monnaie numérique devraient coexister.
Les stablecoins libellés en euro pourraient compléter les dépôts bancaires commerciaux tokenisés et les monnaies numériques de banque centrale de gros tout en permettant des paiements transfrontaliers plus rapides et moins chers, selon le rapport. Une adoption plus large pourrait renforcer la compétitivité des marchés financiers de l'UE et le rôle international de l'euro, selon la commission.
La Commission européenne examine déjà MiCA. En mai, elle a lancé une consultation publique sollicitant des avis sur la question de savoir si le cadre devrait être étendu pour couvrir les DeFi, le staking, les prêts, les NFT et les actifs financiers tokenisés, tout en rouvrant le débat sur l'interdiction des stablecoins portant intérêt prévue par le règlement. La période de commentaires se termine le 31 août, bien que des propositions législatives concrètes soient peu probables avant 2028, selon des observateurs du secteur.
Quelle est la suite
Le vote en plénière du 7 juillet déterminera si la résolution devient la position de négociation officielle du Parlement pour la future législation sur les actifs numériques. Parallèlement, l'examen de MiCA par la Commission pourrait remodeler le paysage réglementaire d'un secteur qui a fonctionné sous des règles transitoires depuis le début de l'application complète du cadre le 30 décembre 2024.
La volonté d'étendre MiCA intervient alors que les institutions européennes s'efforcent d'établir des alternatives aux stablecoins dominés par le dollar américain, qui représentent 98 % du marché, selon CoinGecko. Un consortium bancaire européen appelé Qivalis, qui développe un stablecoin en euro réglementé, est passé à 37 institutions membres le mois dernier après avoir ajouté 25 nouvelles banques dans 15 pays.
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