Les anticipations de politique monétaire de la Fed plafonnent les gains de l'EUR/USD près de 1,1644, le dollar trouvant un soutien dans un réévaluation hawkish de la trajectoire des taux.
Les anticipations de politique monétaire de la Fed plafonnent les gains de l'EUR/USD près de 1,1644, le dollar trouvant un soutien dans un réévaluation hawkish de la trajectoire des taux.

L'euro s'échangeait à 1,1644 $ mercredi, ses gains étant plafonnés alors qu'une réévaluation hawkish des anticipations de taux de la Réserve fédérale renforçait le dollar américain face à ses principales devises.
« Le récit de la Fed reste le moteur dominant pour l'EUR/USD, les marchés intégrant une trajectoire de taux plus élevés plus longtemps qui maintient le dollar recherché », a déclaré Francesco Pesole, stratège FX chez ING.
Le rendement du Trésor à 10 ans s'est maintenu à 4,47 % après être remonté de 4,56 % en fin de semaine dernière, tandis que l'indice du dollar s'est renforcé face à un panier de devises. Le S&P 500 a grimpé de 0,6 % pour clôturer à un niveau record mardi, le Nasdaq bondissant de 1,2 %, alors que le recul des prix du pétrole — le Brent chutant de 3 $ à 93,89 $ le baril — a tempéré les inquiétudes liées à l'inflation sans modifier la position hawkish de la Fed.
Le taux des fonds fédéraux se maintient entre 5,25 % et 5,50 % depuis juillet 2023, et les marchés ont repoussé leurs anticipations d'une première baisse de taux alors que les données d'inflation restent persistantes. Pour l'EUR/USD, le rétrécissement des différentiels de taux qui avait soutenu l'euro plus tôt cette année s'est interrompu, laissant la paire vulnérable à un test du seuil de 1,15 $ si la Fed maintient sa position actuelle jusqu'à la réunion de juin.
La résilience du dollar se manifeste alors même que les risques géopolitiques se sont quelque peu atténués. Le président Donald Trump a déclaré que les négociations avec l'Iran pour mettre fin à la guerre « se déroulaient bien », faisant baisser les prix du pétrole et réduisant une source de pression inflationniste qui avait compliqué le calcul politique de la Fed. Pourtant, la réévaluation des anticipations de la Fed s'est avérée plus durable que les mouvements du dollar liés à la géopolitique, les données du CME FedWatch montrant que les marchés intègrent une probabilité inférieure à 40 % d'une baisse de taux avant septembre.
La dernière fois que la Fed a maintenu un statu quo prolongé à un pic de cycle, c'était en 2006-2007, lorsque le taux des fonds fédéraux est resté à 5,25 % pendant 15 mois avant que la banque centrale ne commence à réduire ses taux en septembre 2007. La pause actuelle a désormais égalé cette durée, et la persistance d'une inflation supérieure à l'objectif — le déflateur core PCE s'établissant à 2,8 % — suggère que la Fed pourrait devoir prolonger cette pause davantage.
Pour l'euro, les implications vont au-delà du canal direct des taux. Une demande soutenue pour le dollar resserre les conditions financières dans les marchés émergents, réduit l'attrait de la dette libellée en euros et pèse sur la compétitivité des exportations européennes. La Banque centrale européenne fait face à son propre dilemme politique : bien que l'inflation de la zone euro ait modéré à 2,4 %, un euro plus faible risque d'importer de l'inflation via des coûts énergétiques plus élevés, ce qui pourrait ralentir le rythme de l'assouplissement de la BCE.
Francesco Pesole d'ING a déclaré que les perspectives à court terme pour l'EUR/USD dépendent de la question de savoir si les données économiques américaines — en particulier le rapport sur les emplois non agricoles de vendredi — renforcent la réévaluation hawkish ou donnent au marché des raisons de l'inverser. Un rapport solide sur l'emploi pousserait probablement l'EUR/USD vers la zone de soutien de 1,15 $, tandis qu'un chiffre décevant pourrait déclencher un rallye de soulagement vers 1,17 $.
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