Western Asset Management a accepté de payer 100 millions de dollars pour résoudre une enquête de la SEC sur des pratiques d'allocation de transactions, levant ainsi une épée de Damoclès juridique qui avait provoqué plus de 150 milliards de dollars de retraits de clients de cette unité de Franklin Resources.
L'accord, annoncé le 4 juin, règle les accusations selon lesquelles le gestionnaire obligataire basé à Pasadena, en Californie, n'aurait pas correctement supervisé l'ancien co-directeur des investissements Kenneth Leech, qui aurait orienté les transactions les plus rentables vers des portefeuilles privilégiés dans le cadre d'un système d'écrémage de 600 millions de dollars. La Securities and Exchange Commission des États-Unis versera l'amende civile dans un Fonds d'indemnisation destiné aux investisseurs lésés.
« Les défaillances de surveillance de Western Asset ont permis aux allocations de transactions abusives de Leech de persister pendant près de trois ans, désavantageant les clients dont les portefeuilles ont reçu les transactions les moins performantes », a déclaré la SEC dans son ordonnance. La société n'a ni admis ni contesté les conclusions.
Le ministère de la Justice a par ailleurs clos son enquête pénale sur Western Asset sans donner suite, a indiqué la société dans un document réglementaire. Leech, 71 ans, fait face à un procès pénal qui doit débuter le 15 juin à Manhattan pour quatre chefs d'accusation de fraude et un chef de fausses déclarations. Il a plaidé non coupable.
Les actifs sous gestion de Western Asset s'élevaient à 228,9 milliards de dollars au 31 mars, en baisse de 40 % par rapport à 381,1 milliards de dollars en juin 2024, le mois précédant la première divulgation des enquêtes. Le fonds Western Asset Core Plus Bond, que Leech contribuait à gérer, a underperformé plus de 95 % de ses pairs en 2022 et 2024, après avoir largement surperformé depuis 2014, selon les données de Morningstar.
Franklin Resources, basée à San Mateo, en Californie, affichait fin mars 1 680 milliards de dollars d'actifs sous gestion. La société a indiqué que Western Asset avait accepté de transiger comme une « décision commerciale » pour éviter une procédure judiciaire prolongée, et que l'accord mettait fin aux enquêtes de la SEC et du ministère de la Justice.
Un scandale qui a remodelé un géant obligataire
L'enquête portait sur des allégations selon lesquelles Leech aurait alloué des transactions sur dérivés de bons du Trésor américain ayant bien performé dès leur premier jour à des portefeuilles suivant une stratégie « Macro Opportunités », qu'il décrivait comme reflétant ses meilleures idées. Les transactions les moins performantes étaient dirigées vers des portefeuilles suivant les stratégies « Core » et « Core Plus ».
Les procureurs ont déclaré que Leech s'était particulièrement attaché à soutenir les portefeuilles Macro Opportunités après qu'ils eurent perdu de l'argent sur la dette russe suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, et sur la dette du Credit Suisse lors de l'effondrement de la banque suisse en 2023. Le système a fonctionné de janvier 2021 à octobre 2023, selon les autorités.
Cet accord figure parmi les plus grandes mesures d'exécution de la SEC annoncées sous le second mandat du président Donald Trump. Pour Franklin Resources, cette résolution lève une épée de Damoclès juridique significative qui pesait sur le titre. L'action BEN a bondi de 6 % le 4 juin, atteignant un plus haut de 52 semaines à 32,47 dollars, alors que les investisseurs réagissaient aux informations faisant état d'un accord imminents.
Prochaines étapes
Avec la conclusion des enquêtes fédérales, Western Asset doit désormais relever le défi de reconstruire la confiance des clients et d'endiguer les sorties de capitaux. La baisse des actifs sous gestion de la société — plus de 150 milliards de dollars depuis la révélation des enquêtes — souligne l'ampleur des dégâts réputationnels. Le procès pénal de Leech, qui pourrait produire de nouvelles révélations sur les contrôles internes de la société, reste un risque à court terme.
Pour Franklin Resources, l'amende de 100 millions de dollars est une charge matérielle mais gérable par rapport à sa capitalisation boursière de 15,8 milliards de dollars. Cette résolution permet à la société mère de se concentrer sur la stabilisation de la franchise de Western Asset et la rétention des clients institutionnels qui avaient suspendu de nouveaux mandats dans l'attente de clarifications.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.