Les actions technologiques de Hong Kong ont reculé mardi, l'indice Hang Seng Tech perdant 1 % alors que les deux plus grands fabricants de puces de Chine ont chuté suite à des nouvelles spécifiques et des inquiétudes sectorielles globales. Hua Hong Semiconductor Ltd. (1347.HK) a perdu 5,33 %, tandis que Semiconductor Manufacturing International Corp. (0981.HK) a cédé près de 5 %.
Cette vente massive reflète les inquiétudes persistantes des investisseurs concernant l'industrie chinoise des semi-conducteurs, malgré la croissance de la demande intérieure pour les puces d'intelligence artificielle. Les analystes ont souligné la hausse des coûts d'amortissement liée à l'expansion agressive des capacités et les problèmes persistants de rendement (yield) comme des obstacles majeurs à la rentabilité du secteur.
La faiblesse des valeurs technologiques est intervenue alors que les autres marchés régionaux affichaient des performances mitigées et que le yuan s'affaiblissait. L'indice Shanghai Composite a reculé de 0,4 %, tandis que le yuan offshore (USD/CNH) a progressé de 0,1 % à 7,25. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s'est maintenu à 4,47 %.
Pour les investisseurs, ces baisses soulignent les enjeux élevés de la stratégie chinoise d'autosuffisance en semi-conducteurs. Alors que le gouvernement injecte des capitaux dans l'industrie et que les modèles d'IA de firmes comme DeepSeek promettent une vague de commandes domestiques, les fabricants de puces font face à un chemin difficile vers la rentabilité, devant équilibrer d'énormes dépenses en capital avec la concurrence mondiale et les pressions sur la chaîne d'approvisionnement, particulièrement dans les puces mémoire. Les résultats trimestriels de SMIC attendus jeudi constitueront le prochain indicateur majeur de la santé du secteur.
Le changement de gouvernance chez Hua Hong pèse sur le titre
L'action de Hua Hong Semiconductor a chuté après l'annonce par la société d'un changement de secrétaire général et de représentant autorisé, effectif le 12 mai. Sui Har Lee a démissionné de ses postes, et la société a nommé Ka Ming Ho, un avocat d'affaires chevronné possédant vingt ans d'expérience en fusions-acquisitions et en conformité au sein de cabinets internationaux et chinois.
Bien que le conseil d'administration ait déclaré qu'il n'y avait aucun désaccord avec Mme Lee et l'ait remerciée pour ses services, des changements inattendus de gouvernance à haut niveau peuvent créer de l'incertitude chez les investisseurs. La nomination d'un expert juridique aguerri pourrait être une mesure visant à renforcer la gouvernance de l'entreprise et son interface avec le marché de Hong Kong dans une période difficile.
SMIC sous les projecteurs avant ses résultats
Les actions de SMIC ont décliné avant la publication de son rapport de résultats du premier trimestre prévu jeudi. Selon un sondage Visible Alpha réalisé auprès de 11 analystes, le fabricant de puces devrait annoncer une hausse de 19 % de son bénéfice net à 223,6 millions de dollars pour un chiffre d'affaires en hausse de 12 % à 2,51 milliards de dollars.
Les investisseurs surveilleront les commentaires de la direction sur plusieurs questions clés qui ont pesé sur le titre au premier trimestre, notamment la hausse des coûts d'amortissement due à l'expansion des capacités et les défis liés à l'amélioration des rendements sur les nœuds technologiques plus avancés. Le co-directeur général Zhao Haijun a récemment prévenu que l'industrie était « un peu paniquée » par une pénurie de puces mémoire alimentée par le boom de l'IA, ce qui pourrait impacter les commandes de certains clients. Le lancement de nouveaux modèles d'IA par des entreprises chinoises est toutefois perçu comme un vent arrière potentiel, renforçant la conviction que les firmes d'IA locales se tourneront de plus en plus vers des concepteurs et fondeurs de puces domestiques comme SMIC.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.