Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran a lancé des frappes de missiles contre des installations pétrochimiques à Haïfa lundi, en représailles aux attaques israéliennes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, avertissant qu'il ciblerait tous les sites énergétiques de la région.
« L'ennemi a ouvert une opération dangereuse en attaquant des cibles civiles et industrielles pétrolières », a déclaré le CGRI dans un communiqué. « La portée des frappes iraniennes couvrira toutes les cibles énergétiques de la région, et les conséquences pour l'économie mondiale devront être supportées par les États-Unis. »
Ces frappes interviennent au 100e jour de la guerre avec l'Iran, qui a débuté le 28 février lorsque Israël et les États-Unis ont tué le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et d'autres hauts dirigeants iraniens. Un cessez-le-feu nominal est entré en vigueur le 8 avril mais s'est effiloché, les deux camps frappant les infrastructures énergétiques, Israël visant des installations pétrochimiques iraniennes et l'Iran ripostant contre la zone industrielle de Haïfa.
Cette escalade menace d'étrangler les flux pétroliers via le détroit d'Ormuz, qui assure environ 21 % du commerce mondial du pétrole brut, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Les contrats à terme sur le Brent ont déjà grimpé de 18 % depuis que le cessez-le-feu a commencé à s'effriter fin mai, et de nouvelles perturbations pourraient pousser les prix au-dessus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022.
Les infrastructures énergétiques dans le viseur
L'attaque de lundi marque la première fois que l'Iran cible explicitement des installations pétrochimiques israéliennes, élargissant le conflit au-delà des sites militaires et nucléaires. L'avertissement du CGRI selon lequel il frapperait « toutes les cibles énergétiques de la région » fait planer la menace d'attaques contre les infrastructures saoudiennes et émiraties, ce qui pourrait supprimer 9 millions de barils supplémentaires de capacité de production par jour.
Le terminal Mina Al Fahal d'Oman avait déjà été touché par une frappe de drone le 5 juin, mais les opérations ont repris normalement. Ce terminal traite environ 897 000 barils par jour d'exportations de pétrole brut omanais, selon Petroleum Development Oman. Les chargements de GNL au terminal de Qalhat à Oman se sont poursuivis normalement, bien que les coûts d'assurance aient augmenté.
La dernière fois que l'Iran a directement attaqué le territoire israélien, c'était le 13 avril, lorsqu'il a lancé plus de 300 drones et missiles en réponse à une frappe israélienne sur son consulat à Damas. Cette attaque a causé des dégâts minimes mais a déclenché un cycle de représailles qui a culminé avec la guerre du 28 février. Les frappes de lundi suggèrent que le cessez-le-feu du 8 avril s'est effectivement effondré.
Répercussions sur les marchés et enjeux diplomatiques
Les marchés boursiers mondiaux ont chuté lors des échanges asiatiques lundi, le Nikkei 225 japonais chutant de 3,2 % et l'indice Hang Seng de Hong Kong perdant 2,8 %, alors que les investisseurs intégraient une perturbation prolongée de l'approvisionnement énergétique. L'or a grimpé de 1,4 % à 2 458 dollars l'once, tandis que l'indice du dollar a gagné 0,6 % face à un panier de devises principales.
Le président américain Donald Trump a dit dimanche au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de surseoir à toute nouvelle représaille, selon un haut responsable américain, mais la Maison Blanche n'a pas commenté les frappes israéliennes de lundi contre l'Iran, ni si elles étaient coordonnées avec Washington. Trump avait précédemment déclaré à Fox News que les frappes israéliennes au Liban n'étaient « pas coordonnées » et qu'il n'en était « pas content ».
La décision de l'Iran de cibler directement les infrastructures énergétiques reflète la stratégie employée par ses proxies en 2019, lorsque des attaques de drones contre les installations saoudiennes d'Abqaiq et de Khurais avaient temporairement retiré 5,7 millions de barils par jour des marchés mondiaux, faisant grimper les prix du pétrole brut de 15 % en une seule journée. La différence aujourd'hui est que l'Iran agit directement, et non par l'intermédiaire des Houthis ou de milices proxies, ce qui accroît le risque d'une réponse militaire américaine qui pourrait élargir le conflit à l'ensemble du Golfe Persique.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.