Le refus de Lagarde d'exclure un départ anticipé injecte une incertitude politique dans la politique monétaire européenne alors que l'inflation reflue de son pic lié à la guerre en Iran.
Le refus de Lagarde d'exclure un départ anticipé injecte une incertitude politique dans la politique monétaire européenne alors que l'inflation reflue de son pic lié à la guerre en Iran.

Le refus de Lagarde d'exclure un départ anticipé injecte une incertitude politique dans la politique monétaire européenne alors que l'inflation reflue de son pic lié à la guerre en Iran.
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a déclaré qu'elle pourrait quitter ses fonctions avant l'expiration de son mandat en octobre 2027 pour entrer dans la vie politique française, ouvrant une nouvelle dimension d'incertitude pour la politique monétaire alors que l'inflation dans la zone euro reflue de son pic lié à la guerre en Iran.
« C'est possible », a déclaré Lagarde au journal français Les Échos lorsqu'on lui a demandé si elle excluait un départ anticipé. « Je crois qu'il est nécessaire qu'une voix européenne se fasse entendre dans le débat présidentiel français. »
Lagarde, dont le mandat court jusqu'en octobre 2027, a déclaré qu'elle « réfléchirait » à soutenir un candidat ou à se présenter elle-même, avant d'ajouter qu'elle plaisantait et que cela n'était pas « actuellement à l'ordre du jour ». Ces déclarations interviennent quelques semaines après que la BCE a relevé son taux de dépôt en juin — devenant ainsi la première banque centrale du G7 à relever ses taux depuis le début de la guerre en Iran — une décision que Lagarde a défendue comme étant correcte, même si l'inflation dans la zone euro a ralenti plus que prévu après l'accord de paix américano-iranien qui a fait baisser les prix du pétrole.
Un départ anticipé obligerait l'Union européenne à trouver un nouveau président de la BCE pendant une période délicate. La banque centrale navigue dans les conséquences d'un choc d'offre externe lié à la guerre en Iran, que Lagarde a déclaré se propager encore dans l'économie, tout en surveillant les effets de second tour qui ne se sont pas encore matérialisés. Cette incertitude survient alors que les marchés actions européens sont en hausse — l'Euro Stoxx 50 et le DAX allemand ont tous deux atteint des sommets historiques cette semaine — et que les perspectives d'inflation s'améliorent.
Lagarde avait auparavant minimisé les rumeurs de démission, affirmant qu'un capitaine de navire ne quitterait pas son poste en période de turbulences, alors que l'inflation grimpait en raison d'une flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran. Ses dernières déclarations marquent un changement de ton, même si elle ne s'est pas déclarée candidate.
« Nous faisons face à un choc d'offre externe qui se propage à d'autres secteurs de l'économie, et nous commençons déjà à en voir les effets indirects », a déclaré Lagarde. « En même temps, nous surveillons attentivement le risque d'effets de second tour, même si cela ne s'est pas produit jusqu'à présent. »
La hausse des taux de la BCE en juin était la première d'une banque centrale du G7 depuis le début de la guerre en Iran, les décideurs politiques cherchant à empêcher que la flambée d'inflation liée à l'énergie ne s'enracine. Depuis lors, l'accord de paix américano-iranien a entraîné une forte baisse des prix internationaux du pétrole, supprimant un facteur clé des pressions sur les prix. Les exportations de pétrole du Golfe ont augmenté de plus de 3,5 millions de barils par jour en juin pour atteindre 10,07 millions de barils par jour, selon les données de Kpler, les producteurs ayant augmenté leur production et abaissé leurs prix aux niveaux d'avant le conflit.
La dimension politique ajoute une nouvelle variable pour les marchés. Lagarde, ancienne ministre française des Finances et directrice générale du FMI, a longtemps été considérée comme une candidate potentielle à de hautes fonctions en France. Elle avait auparavant qualifié la présidence française de « travail terrible ». Mais avec la prochaine élection présidentielle française prévue pour le printemps 2027, ses dernières déclarations suggèrent qu'elle garde ses options ouvertes.
« Si ce débat devait présenter une perspective qui diminue la place de la France en Europe, je pense qu'il serait nécessaire d'expliquer pourquoi ce serait une voie douloureuse pour notre pays et nos concitoyens », a-t-elle déclaré.
Les obligations européennes et l'euro ont été relativement stables cette semaine, les investisseurs se concentrant davantage sur l'amélioration des perspectives d'inflation que sur l'incertitude politique à Francfort. L'euro s'échangeait près de 1,08 $ face au dollar, tandis que la livre sterling s'est renforcée de 1,2 % cette semaine à 1,3355 $, sa meilleure performance hebdomadaire depuis début avril, les marchés ayant salué la stabilité politique au Royaume-Uni. L'indice du dollar a baissé de 0,5 % cette semaine, sa plus forte baisse depuis début avril, après un rapport sur l'emploi américain plus faible que prévu qui a atténué les attentes de nouvelles hausses de taux.
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE est prévue en juillet, où la banque centrale devrait maintenir ses taux inchangés, le temps d'évaluer l'impact de sa hausse de juin et l'évolution du tableau de l'inflation. Les swaps de taux au jour le jour suggèrent que les marchés voient une probabilité réduite de nouveau resserrement compte tenu de la baisse des prix de l'énergie après l'accord de paix.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.