Des médiateurs ont présenté lundi un plan visant à apaiser les frictions entre les États-Unis et l'Iran, faisant chuter le brut Brent de plus de 2 % et soutenant les contrats à terme sur le Nasdaq, les traders intégrant une probabilité moindre de perturbations de l'approvisionnement dans le golfe Persique.
« Le marché réagit au premier signal diplomatique tangible depuis des semaines, mais l'écart entre une proposition et un accord reste considérable », a déclaré Helima Croft, responsable de la stratégie mondiale des matières premières chez RBC Capital Markets.
Le brut Brent est tombé à environ 74 dollars le baril, effaçant une partie des 8 % de gains accumulés au cours des deux dernières semaines, alors que la rhétorique américano-iranienne s'intensifiait. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 ont progressé de 0,3 %, tandis que le VIX a légèrement reculé à 19,5. La société d'analyse maritime Windward a signalé zéro transit AIS à travers le détroit d'Ormuz — une absence totale de données de suivi des navires pour cette voie maritime qui assure environ 21 % de la consommation mondiale de pétrole.
La proposition de médiation réduit la prime de risque immédiate intégrée dans le cours du brut, mais les marchés de prédiction n'estiment toujours qu'à moins de 30 % la probabilité d'un trafic normalisé à travers le détroit d'ici fin juin. Si les négociations s'enlisent, le marché pétrolier pourrait être confronté à un choc d'approvisionnement comparable aux attaques d'Abqaiq-Khurais en 2019, qui avaient temporairement supprimé 5,7 millions de barils par jour de production.
Le plan, négocié par des médiateurs régionaux, prévoit une désescalade par phases débutant par une reprise du transport maritime commercial à travers le détroit d'Ormuz sous escorte internationale, selon des personnes proches du dossier. Ni Washington ni Téhéran n'ont formellement approuvé le cadre proposé, et les deux camps ont maintenu des positions publiques fermes ces dernières semaines.
Les déclarations agressives de l'ancien président Donald Trump à l'égard de l'Iran — y compris des menaces si le détroit restait fermé — avaient attisé les craintes d'une confrontation militaire directe. Ces inquiétudes avaient poussé le Brent au-dessus de 78 dollars le baril le 18 juin, son plus haut niveau depuis avril. Le repli qui a suivi reflète le soulagement de voir que les canaux diplomatiques restent ouverts, même si une percée est loin d'être assurée.
Les enjeux dépassent le seul pétrole brut. Une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz aurait des répercussions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, en faisant grimper les primes d'assurance maritime — déjà en hausse de 300 % depuis début juin — et en forçant les raffineries d'Asie et d'Europe à puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole. Les États-Unis détiennent environ 700 millions de barils dans leur réserve stratégique de pétrole, tandis que le Japon et la Corée du Sud maintiennent ensemble l'équivalent de 90 jours d'importations nettes.
Pour les marchés actions, la baisse des cours du pétrole réduit les coûts des intrants pour les compagnies aériennes, les sociétés de transport maritime et les fabricants de biens de consommation, ce qui contribue à expliquer la légère hausse des contrats à terme sur le Nasdaq. Cependant, le VIX à 19,5 témoigne toujours d'une incertitude élevée, et le skew des options sur le brut reste orienté vers des scénarios de risque extrême.
La dernière fois que le détroit d'Ormuz a été confronté à une perturbation comparable, c'était en 2019, lorsque l'Iran a saisi des pétroliers et que les États-Unis ont déployé des moyens navals supplémentaires. Au cours de cet épisode, le Brent avait bondi de 15 % sur trois semaines avant de se stabiliser, les canaux diplomatiques ayant prévalu. La situation actuelle comporte des enjeux plus élevés compte tenu du contexte plus large du Moyen-Orient et du caractère explicite des menaces récentes.
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