L'OTAN a choisi un avion de surveillance suédois au détriment d'un rival américain, marquant un changement stratégique dans les achats de défense des Alliés.
L'OTAN a choisi un avion de surveillance suédois au détriment d'un rival américain, marquant un changement stratégique dans les achats de défense des Alliés.

L'OTAN a choisi un avion de surveillance suédois au détriment d'un rival américain, marquant un changement stratégique dans les achats de défense des Alliés.
L'OTAN a annoncé mardi un plan d'environ 4,5 milliards de dollars pour acheter jusqu'à 10 avions de surveillance Saab GlobalEye, remplaçant sa flotte d'AWACS de l'ère de la Guerre froide par un système suédois plutôt que par une offre concurrente de Boeing.
"Cela garantira que nous maintenons la capacité de surveillance et d'alerte précoce de l'OTAN forte et crédible pour les décennies à venir", a déclaré Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, lors du sommet de l'Alliance à Ankara.
Le GlobalEye, monté sur des jets d'affaires Bombardier Global 6500, remplacera les appareils Boeing E-3 Sentry en service depuis les années 1980. Le PDG de Saab, Micael Johansson, a indiqué que les livraisons pourraient commencer d'ici 2030 si un accord est signé prochainement, le prix final étant estimé entre 400 et 450 millions de dollars par appareil. Onze nations alliées — dont la Belgique, le Canada, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède — participent à cet achat conjoint.
Cette décision porte un coup à l'activité de défense de Boeing et témoigne de la volonté de l'OTAN de privilégier les solutions européennes, alors même que le président américain Donald Trump presse les Alliés d'acheter du matériel américain. L'Alliance avait initialement prévu d'acquérir le Boeing E-7 Wedgetail, mais a abandonné cette commande en novembre 2025 après que l'administration Trump a signalé son intention d'annuler le programme.
Cette sélection fait suite à des mois d'incertitude concernant le remplacement des AWACS. L'OTAN s'était engagée à acheter six appareils E-7 Wedgetail dans le cadre de son projet initial de surveillance et de contrôle futurs des Alliés, mais les Alliés se sont retirés de l'accord après que le Pentagone a menacé d'annuler le programme. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est ensuite revenu sur cette décision après les pressions des législateurs américains, mais entre-temps, l'Alliance s'était tournée vers Saab.
Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a qualifié cet achat de "moment de grande fierté pour la Suède". Il a précisé que les appareils seraient déployés depuis des bases suédoises d'ici 2027, soulignant l'intégration croissante de Stockholm dans l'architecture de défense de l'OTAN depuis son adhésion à l'Alliance.
Le GlobalEye est conçu pour la surveillance aérienne, maritime et terrestre grâce à un radar Erieye ER capable de fonctionner dans des environnements de brouillage sévères, selon Saab. L'appareil ne disposera pas initialement de capacité de ravitaillement en vol — une fonctionnalité que la flotte actuelle d'AWACS utilise pour les missions près de l'Ukraine — bien que l'OTAN prévoie de l'ajouter lors d'une mise à niveau ultérieure.
Ce contrat de l'OTAN s'ajoute au carnet de commandes croissant de Saab. La France a finalisé en décembre un contrat de 12,3 milliards de couronnes suédoises (1,3 milliard de dollars) pour deux appareils GlobalEye, avec une option pour deux supplémentaires. Le Canada a entamé des discussions avec Saab en mai en vue d'un achat potentiel. Johansson a indiqué que l'Allemagne et la Pologne ont également exprimé leur intérêt.
Ce virage vers les fournisseurs européens intervient alors que les membres de l'OTAN sont sous pression de Washington pour atteindre l'objectif de l'Alliance de 2 % du PIB consacrés à la défense. Trump a critiqué à plusieurs reprises les Alliés européens pour leur dépendance aux garanties de sécurité américaines, et la sélection du GlobalEye — bien qu'il s'agisse d'une perte commerciale pour Boeing — pourrait apaiser les tensions transatlantiques en démontrant l'investissement des Alliés dans leurs propres capacités.
Pour Boeing, la perte d'un contrat de l'OTAN de 4,5 milliards de dollars aggrave les difficultés de sa division défense, confrontée à des retards de production sur le E-7 Wedgetail et à des dépassements de coûts sur d'autres programmes. Pour Saab, cet accord constitue une source de revenus majeure et positionne le GlobalEye comme une plateforme de premier plan pour les futurs besoins de surveillance de l'OTAN. L'Alliance exploite 14 appareils E-3 Sentry, contre un pic de 18, et la nouvelle flotte permettra de restaurer et de moderniser sa capacité d'alerte précoce aéroportée jusqu'aux années 2030 et au-delà.
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