Le maire de New York, Zohran Mamdani, a entrepris de bloquer le projet d'acquisition d'Intermex par Western Union pour 500 millions de dollars, affirmant que l'accord nuirait aux communautés immigrées et introduirait un risque politique majeur dans cette fusion du secteur des transferts de fonds.
Cette opposition s'inscrit dans la lignée de la récente victoire budgétaire de Mamdani, au cours de laquelle il a prôné un « gouvernement au service de ceux qui font tourner cette ville », positionnant ce défi comme une défense des New-Yorkais de la classe ouvrière contre la consolidation des entreprises.
La transaction proposée de 500 millions de dollars combinerait deux des plus grands acteurs du marché des transferts de fonds entre les États-Unis et l'Amérique latine. L'opposition du bureau de Mamdani, rapportée pour la première fois par le New York Times, introduit un nouvel obstacle pour l'accord, qui nécessite les approbations réglementaires de l'État et du gouvernement fédéral pour être finalisé.
L'intervention crée une incertitude significative pour Western Union et Intermex, compromettant potentiellement l'acquisition et créant un précédent permettant aux dirigeants municipaux de contester les fusions du secteur financier sur la base d'arguments relatifs à l'impact sur les consommateurs. Pour les investisseurs, cela ajoute une couche de risque politique à une transaction précédemment vue sous un angle antitrust standard.
L'agenda populiste d'un maire
L'initiative du maire Mamdani contre la fusion est la dernière d'une série d'actions qui soulignent la position populiste et anti-entreprise de son administration. Fraîchement sorti d'une bataille budgétaire contentieuse, le socialiste démocrate autoproclamé a récemment équilibré un déficit de 12 milliards de dollars grâce à une combinaison d'aides de l'État, d'économies internes et de deux manœuvres budgétaires très débattues.
L'une était une nouvelle taxe « pied-à-terre » sur les résidences non principales évaluées à plus de 5 millions de dollars, qui devrait rapporter entre 340 et 500 millions de dollars par an. L'autre était une réamortisation plus controversée des obligations de retraite de la ville, une mesure qui apporte un soulagement budgétaire immédiat de 2,3 milliards de dollars en prolongeant les paiements jusque dans les années 2040, déplaçant la charge des coûts sur les futurs contribuables.
Le marché des transferts de fonds sous surveillance
L'accent mis sur l'accord Western Union-Intermex cible un service financier critique pour de nombreux administrés du maire. Le secteur des transferts de fonds fait l'objet de critiques de longue date concernant les frais facturés pour l'envoi d'argent à l'étranger, qui, selon les détracteurs, affectent de manière disproportionnée les familles à faible revenu et les immigrés.
En s'opposant à la fusion, Mamdani utilise son capital politique pour intervenir directement dans la consolidation du marché, reflétant les mêmes priorités qui l'ont conduit à s'affronter avec le milliardaire Ken Griffin et à instaurer de nouvelles taxes sur les riches pour financer les services municipaux. Le succès final de son opposition dépendra de la question de savoir si les régulateurs de l'État seront convaincus par les arguments de son administration contre cet accord de 500 millions de dollars.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.