La déclaration conjointe à Mascate marque le premier cadre bilatéral formel pour la gestion du point de passage pétrolier le plus critique au monde depuis le début de la guerre en Iran.
La déclaration conjointe à Mascate marque le premier cadre bilatéral formel pour la gestion du point de passage pétrolier le plus critique au monde depuis le début de la guerre en Iran.

Oman et l'Iran ont convenu lundi de développer un système de gestion de la navigation et de redevances pour le détroit d'Ormuz, affirmant leur souveraineté territoriale sur cette voie d'eau où environ 20 millions de barils de brut ont transité ce week-end — le rythme le plus rapide depuis le début de la guerre.
« Les deux parties s'engagent à garantir un passage sûr tout en affirmant leurs droits souverains sur les eaux territoriales du détroit », indique la déclaration conjointe, publiée après une réunion à Mascate entre des responsables omanais et iraniens.
Les deux pays élaboreront des accords séparés portant sur la gestion de la navigation ainsi que sur les redevances et services relatifs au détroit, avec l'intention de mener des consultations avec d'autres États riverains de la région. Les données de suivi des pétroliers compilées par Bloomberg montrent que des navires transportant environ 20 millions de barils de brut ont traversé la voie d'eau entre vendredi et dimanche, soit le flux transparent le plus élevé depuis avant le début de la guerre fin février. L'Iran lui-même a acheminé 6 millions de barils durant la même période.
Le détroit d'Ormuz voit transiter environ un cinquième de l'approvisionnement pétrolier mondial, faisant de toute perturbation de son fonctionnement une menace directe pour les prix mondiaux de l'énergie et l'inflation. Le cadre bilatéral entre Oman et l'Iran — qui bordent des côtés opposés du détroit — pourrait remodeler la gouvernance de cette voie d'eau, avec des péages et des redevances de service que des experts en droit maritime estiment contraires aux principes de longue date de libre navigation en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
L'accord de Mascate fait suite à l'accord intérimaire plus large entre les États-Unis et l'Iran conclu lors du sommet suisse, où les deux parties ont convenu d'un délai de négociation de 60 jours pour un règlement final. Dans le cadre de cet accord provisoire, l'Iran s'est vu confier la gestion temporaire du détroit, tandis que des discussions avec Oman et six autres États du Golfe devaient définir son administration future. L'Iran a accepté de ne pas facturer de péages pendant la période de 60 jours.
Péages, Sanctions et Obstacles Juridiques
La déclaration conjointe n'a pas précisé quand les nouveaux accords sur les redevances et la navigation entreraient en vigueur, ni s'ils remplaceraient l'arrangement temporaire d'exemption de péage. L'Autorité du détroit du Golfe Persique, créée par l'Iran le mois dernier pour collecter des paiements auprès des navires de transit, a indiqué qu'elle s'attend toujours à ce que les navires s'enregistrent auprès de l'autorité, bien que le Trésor américain ait imposé des sanctions contre cette entité à la fin du mois dernier.
Le président Donald Trump a suggéré que les États-Unis pourraient imposer leurs propres péages sur les traversées du détroit si un accord final avec l'Iran n'est pas conclu dans le délai de 60 jours, qualifiant les États-Unis d'« Ange Gardien des pays du Moyen-Orient ». L'administration n'a pas fourni de détails sur la manière dont ces redevances seraient appliquées.
La dernière fois que l'Iran a exercé un contrôle direct sur le passage du détroit remonte à début avril, lorsqu'il a exigé des péages comme condition préalable à la levée de son étranglement — une manœuvre que les analystes du transport maritime ont surnommée le « péage autoroutier ». Cette confrontation a précédé l'accord intérimaire actuel et a contribué à une forte réduction du trafic, le nombre de traversées quotidiennes tombant à environ 35 navires, contre une moyenne d'avant-guerre de 100 à 130.
Alors que des équipes techniques des deux parties restent en Suisse pour finaliser les détails de mise en œuvre, la prochaine étape importante est le texte-cadre conjoint attendu du Qatar et du Pakistan. Si les négociations de 60 jours n'aboutissent pas à un accord final, l'arrangement temporaire d'exemption de péage expire, laissant la gouvernance du détroit — et le coût de son transit — dans l'incertitude.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.