Sept membres clés de l'OPEC+ devraient approuver une légère augmentation de la production de pétrole de 188 000 barils par jour pour juillet, un geste symbolique alors qu'une guerre régionale a déjà supprimé près de 10 millions de bpj d'approvisionnement du marché mondial. Le groupe se réunira le 7 juin pour finaliser cette décision, alors que la fermeture du détroit d'Ormuz entre dans son troisième mois.
« La perturbation physique est d'un ordre de grandeur supérieur à tout ajustement d'objectif de production », a déclaré une source proche des niveaux de production du groupe. « La plupart des producteurs touchés par la fermeture du détroit ne peuvent pas atteindre leurs objectifs actuels, et encore moins une augmentation. »
L'ampleur du choc d'offre est sévère. Selon les chiffres de l'OPEC, la production totale du groupe élargi OPEC+ s'est effondrée, passant de 42,77 millions de bpj en février à 33,19 millions de bpj en avril. La production des producteurs du Golfe, incluant les poids lourds que sont l'Arabie saoudite, l'Irak et le Koweït, a chuté collectivement de 9,9 millions de bpj sur la même période, le conflit en Iran ayant effectivement bloqué cette voie maritime critique.
La crise menace désormais de s'étendre bien au-delà des marchés de l'énergie. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé un avertissement sévère : un blocus prolongé d'Ormuz pourrait déclencher une crise mondiale des prix alimentaires. Environ un tiers des expéditions mondiales d'engrais transitant par le détroit, l'agence estime que l'envolée des coûts des engrais pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans la faim d'ici un an.
Une augmentation symbolique
La hausse prévue de 188 000 bpj est une collaboration entre les sept membres de l'OPEC+ non directement bloqués : l'Arabie saoudite, l'Irak, le Koweït, l'Algérie, le Kazakhstan, la Russie et l'Oman. Cependant, les routes d'exportation de l'Arabie saoudite, de l'Irak et le Koweït étant sévèrement entravées, cette augmentation est considérée par les analystes comme un mouvement symbolique destiné à signaler la cohésion du groupe plutôt qu'à apporter un soulagement significatif au marché.
Cette faible augmentation ne devrait pas calmer un marché aux prises avec l'une des plus importantes perturbations de l'approvisionnement de l'histoire moderne. La réunion du 7 juin est désormais un événement crucial pour les marchés de l'énergie et les prévisions d'inflation, alors que les traders soupèsent une augmentation nominale face à un déficit physique d'approvisionnement catastrophique.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.