La Cour suprême des États-Unis a rejeté le 18 mai une contestation de l'industrie pharmaceutique concernant le pouvoir de Medicare de négocier les prix des médicaments, confirmant ainsi une politique clé de l'administration Biden. Les juges ont refusé d'examiner plusieurs recours de fabricants de médicaments, laissant en place les décisions des tribunaux inférieurs qui confirmaient le programme de négociation établi en vertu de l'Inflation Reduction Act de 2022.
« Contrairement à son nom statutaire, il n'y a aucune véritable "négociation" », ont déclaré les avocats d'AstraZeneca à la Cour suprême dans leur appel, arguant que la seule alternative serait de retirer tous les médicaments de Medicare et de Medicaid, ce qui fermerait près de la moitié du marché américain des médicaments sur ordonnance.
Le premier cycle de négociations portant sur 10 médicaments, dont des traitements contre le cancer, les maladies cardiaques et le diabète, a généré des économies annuelles estimées à 6 milliards de dollars pour Medicare. Les 10 fabricants ont accepté les prix négociés, ce qui a entraîné des réductions de prix allant de 38 % à 79 %. Les personnes âgées bénéficiant de la couverture Medicare ont commencé à voir leurs frais à charge diminuer pour ces médicaments en janvier.
Cette décision consolide un programme qui devrait permettre à Medicare d'économiser 12 milliards de dollars par an d'ici 2027. Le prochain cycle de négociations pour 15 médicaments supplémentaires, y compris les traitements GLP-1 populaires Ozempic et Wegovy, devrait débuter l'année prochaine. Les laboratoires pharmaceutiques avaient soutenu que le programme était inconstitutionnel, affirmant qu'il revenait à une saisie de propriété privée par le gouvernement sans compensation équitable, en violation du cinquième amendement. Cependant, les tribunaux inférieurs ont jugé que la participation au programme étant volontaire, la clause de saisie ne s'applique pas.
Cet arrêt est un coup dur pour le lobby pharmaceutique et confirme la légalité d'une politique visant à abaisser le coût des médicaments, ce qui pourrait comprimer les marges bénéficiaires des fabricants fortement dépendants de Medicare. Les investisseurs suivront désormais de près les prochains cycles de négociation pour 15 autres médicaments et les éventuelles réactions législatives de l'industrie.
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