Le premier cycle soutenu de défauts de crédit depuis des années a commencé, a prévenu le directeur des investissements de Pimco, alors qu’un mur de dettes arrivant à échéance menace de faire grimper les pertes au-delà des niveaux auxquels les investisseurs s’étaient habitués.
Le premier cycle soutenu de défauts de crédit depuis des années a déjà commencé et entraînera des pertes plus élevées que celles auxquelles les marchés s’étaient habitués, a averti le directeur des investissements de Pacific Investment Management Co., même si les spreads évoluent près de leurs plus bas historiques.
« Il se passe beaucoup de choses sous la surface », a déclaré Daniel Ivascyn, directeur des investissements chez Pimco, dans un message vidéo diffusé aux clients.
Ivascyn rejoint un chœur croissant de vétérans des marchés du crédit qui signalent ce risque. Suzanne Gibbons, associée chez Davidson Kempner, et Na Wei de Barclays ont également averti que les taux de défaut sont sur le point d’augmenter alors qu’une vague massive de dettes arrive à échéance. Pimco, qui gère environ 1 900 milliards de dollars d’actifs, est l’un des plus grands investisseurs obligataires au monde et ses opinions pèsent lourd sur les marchés du crédit.
Cet avertissement intervient à un moment critique pour les marchés du crédit. Alors que les spreads sont à des niveaux historiquement bas, les investisseurs ont cherché du rendement dans les segments les plus risqués de la dette d’entreprise. Si les prévisions d’Ivascyn se confirment, la revalorisation pourrait être brutale, frappant les détenteurs de prêts à effet de levier et d’obligations à haut rendement alors que les entreprises font face à des refinancements à des taux d’intérêt plus élevés.
Ce changement marque une rupture avec la période post-pandémique, où les taux d’intérêt bas et une liquidité abondante maintenaient les taux de défaut à des plus bas historiques. Cet environnement s’inverse désormais alors que les banques centrales maintiennent des taux directeurs élevés et que l’effet cumulatif du resserrement des conditions financières se répercute sur les bilans des entreprises.
Un mur de dettes à échéance se profile
Une préoccupation clé concerne le mur d’échéances auquel sont confrontées les entreprises qui ont massivement emprunté durant l’ère des taux ultra-bas. À mesure que ces obligations et prêts arrivent à échéance, les emprunteurs devront se refinancer à des rendements nettement plus élevés, ce qui pèsera sur les flux de trésorerie et augmentera la probabilité de défauts. Le phénomène est le plus aigu sur les marchés des prêts à effet de levier et du crédit privé, où les structures « covenant-lite » et la dette à taux variable exposent les emprunteurs à la hausse des coûts d’intérêt.
L’avertissement d’Ivascyn fait écho à des préoccupations similaires exprimées par d’autres investisseurs éminents. Gibbons de Davidson Kempner a souligné le risque d’un événement de revalorisation dans le crédit privé, tandis que Na Wei de Barclays a pointé la détérioration des indicateurs de crédit parmi les emprunteurs spéculatifs. La convergence des points de vue à travers tout le spectre de l’investissement — obligations publiques, crédit privé et prêts à effet de levier — suggère que le risque est généralisé et non confiné à un seul segment du marché.
Les enjeux pour les investisseurs
Pour les investisseurs obligataires, les implications sont doubles. Les pertes de portefeuille dues aux défauts pourraient éroder les rendements totaux qui ont été soutenus par des spreads serrés et la baisse des rendements de référence. Parallèlement, la revalorisation du risque de crédit pourrait créer des opportunités pour les gestionnaires actifs capables de distinguer les entreprises qui peuvent traverser le cycle de celles qui ne le peuvent pas. Pimco elle-même s’est positionnée pour ce scénario, a indiqué Ivascyn, sans préciser les transactions exactes du fonds.
Le calendrier du cycle des défauts est important. Si l’économie entre en récession, les défauts pourraient grimper rapidement. Si la croissance se maintient, l’ajustement pourrait être plus progressif. Dans un cas comme dans l’autre, le message d’Ivascyn est clair : la période de pertes de crédit anormalement faibles touche à sa fin.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.