La règle des 4 % pour les retraits de retraite, vieille de plusieurs décennies, cède la place à des stratégies dynamiques qui ajustent les dépenses en fonction de la performance du portefeuille et de l'espérance de vie.
La règle des 4 %, conçue par le conseiller financier William Bengen en 1994, ordonne aux retraités de retirer 4 % de leur portefeuille la première année et d'ajuster ce montant en fonction de l'inflation chaque année. Cette approche visait à garantir qu'un portefeuille équilibré d'actions et d'obligations dure 30 ans sur la base des données historiques depuis 1926. Mais les chercheurs n'ont cessé de réviser ce chiffre au fil des ans — l'estimation de Morningstar est passée de 3,3 % en 2021 à 3,9 % cette année, tandis que Bengen lui-même a déclaré qu'un chiffre sûr pourrait désormais être de 4,7 %.
« Le problème plus profond de la règle des 4 % est sa rigidité », a déclaré Peter Coy, journaliste au Wall Street Journal. « Votre portefeuille pourrait doubler en cas de boom boursier pendant la retraite, et la règle vous limiterait toujours au même montant ajusté de l'inflation, ce qui serait inutilement frugal. »
Une approche actuarielle offre une alternative : diviser le solde actuel du portefeuille par l'espérance de vie restante chaque année. Une femme de 70 ans ayant une espérance de vie de 16 ans dépenserait un seizième de son portefeuille chaque année, en recalculant chaque fois que son solde et son espérance de vie changent. Cette méthode permet aux dépenses d'augmenter lorsque les marchés sont performants et de baisser en période de ralentissement, réduisant ainsi le risque d'épuiser son épargne. Les tables de mortalité de la Social Security Administration, mises à jour chaque année, fournissent les données d'espérance de vie.
La solution des garde-fous
La méthode actuarielle introduit un nouveau problème : les dépenses peuvent fluctuer trop fortement. Une chute de 30 % du marché réduirait les dépenses d'environ 30 % en une seule année. La solution consiste à fixer des bandes supérieure et inférieure autour de la règle des 4 % comme point d'ancrage, généralement 3 % des actifs à l'extrémité inférieure et 6 % à l'extrémité supérieure. Si le calcul actuariel produit un taux de retrait en dehors de ces bandes, les dépenses sont plafonnées à la limite.
Un amortisseur peut encore lisser la tendance en limitant les variations annuelles des dépenses à plus ou moins 5 %, même lorsque les garde-fous exigent des réductions plus importantes. La contrepartie est qu'en cas de ralentissement prolongé, le portefeuille subit des prélèvements plus importants qu'une règle plus stricte ne le permettrait, ce qui rend cette approche mieux adaptée aux retraités disposant d'une marge de dépenses discrétionnaires au-dessus de leurs besoins essentiels.
Séparation entre dépenses essentielles et discrétionnaires
La stratégie la plus raffinée sépare les dépenses essentielles — alimentation, soins de santé, loyer — des dépenses discrétionnaires. Les coûts essentiels sont couverts par des sources de revenus garanties telles que la Sécurité sociale ou une rente, tandis que le portefeuille restant suit une stratégie de retrait dynamique avec des garde-fous et un amortisseur. Cette structure permet aux retraités de prendre plus de risques avec leur portefeuille discrétionnaire puisque les besoins de base sont sécurisés.
L'abandon de la règle des 4 % reflète une reconnaissance plus large du fait que la retraite n'est pas une période fixe de 30 ans. Un retraité de 65 ans a une espérance de vie d'environ 19 ans pour les hommes et 21 ans pour les femmes, selon les données de la Sécurité sociale, mais environ un tiers des personnes de 65 ans vivront au-delà de 90 ans. Une règle de retrait statique qui suppose un horizon de 30 ans peut exposer ceux qui ont une espérance de vie plus longue.
Aucune de ces stratégies n'est parfaite, et la situation de chaque retraité — situation fiscale, état de santé, tolérance au risque — modifie les calculs. Mais une approche dynamique utilisant la règle des 4 % comme point de référence plutôt que comme un mandat rigide offre un juste milieu pratique entre profiter de son épargne-retraite et ne pas l'épuiser.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.