L'inhibiteur expérimental de KRAS G12C de Roche, le divarasib, a battu le Lumakras d'Amgen Inc. et le Krazati de Bristol Myers Squibb Co. dans un essai de phase III comparatif direct, obtenant des améliorations statistiquement significatives tant de la survie sans progression que de la survie globale chez les patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) préalablement traité.
« Ces résultats devraient établir le divarasib comme une nouvelle norme de soins pour les patients atteints d'un cancer du poumon préalablement traité présentant ce sous-type tumoral génétiquement défini », a déclaré Levi Garraway, directeur médical de Roche, dans un communiqué.
L'étude Krascendo 1 a recruté 338 adultes atteints d'un CPNPC avancé ou métastatique mutant KRAS G12C n'ayant jamais reçu d'inhibiteur de KRAS G12C. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit le divarasib une fois par jour, soit l'un des deux inhibiteurs de première génération approuvés — le sotorasib (Lumakras) une fois par jour ou l'adagrasib (Krazati) deux fois par jour. L'essai a atteint son critère d'évaluation principal de la survie sans progression évaluée par un comité indépendant centralisé en aveugle, ainsi que le critère secondaire clé de la survie globale, qui a atteint une signification statistique lors de l'analyse intermédiaire. Le profil de sécurité du divarasib est resté conforme aux données antérieures, les événements indésirables liés au traitement étant décrits comme gérables et réversibles.
Ce résultat positionne Roche pour conquérir un marché qui a jusqu'à présent déçu les premiers entrants. Le Lumakras d'Amgen a généré 363 millions de dollars de ventes l'année dernière, tandis que le Krazati de BMS a rapporté 205 millions de dollars — bien en deçà des prévisions de plusieurs milliards de dollars qui ont accompagné leurs lancements en tant que premiers médicaments ciblant la protéine KRAS, autrefois considérée comme « non médicamentable ». Roche prévoit un pic de ventes du divarasib de 1 à 2 milliards de francs suisses (1,2 à 2,5 milliards de dollars), le contexte métastatique représentant la majeure partie de cette estimation. La mutation KRAS G12C survient dans environ 14 % des cas de CPNPC et est associée à un mauvais pronostic.
Paysage concurrentiel
Le divarasib est l'un des nombreux inhibiteurs de KRAS G12C de nouvelle génération cherchant à déplacer les médicaments de première génération. Le calderasib de Merck & Co. et l'olomorasib d'Eli Lilly & Co. sont également en développement de phase III, aux côtés d'un pipeline croissant de candidats KRAS G12D et pan-KRAS. Le programme de développement plus large de Roche comprend Krascendo 2, testant le divarasib en association avec le Keytruda (pembrolizumab) de Merck en tant que combinaison de première ligne sans chimiothérapie, et Krascendo 3, évaluant le divarasib en adjuvant dans le CPNPC réséqué à un stade précoce.
La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a accordé au divarasib la désignation de thérapie révolutionnaire en 2022 et la désignation de médicament orphelin pour le CPNPC KRAS G12C en 2026. Roche prévoit de présenter les données complètes de Krascendo 1 lors d'une prochaine réunion médicale et de soumettre les résultats aux autorités sanitaires, un dépôt pour une approbation en deuxième ligne étant inscrit parmi les soumissions prévues pour 2027.
Pour les actionnaires de Roche, ce résultat positif valide le pari de la société selon lequel la plus grande puissance préclinique et la sélectivité supérieure du divarasib se traduiraient par des résultats cliniques supérieurs. Le prochain catalyseur est la donnée de première ligne de Krascendo 2, qui déterminera si le divarasib peut s'étendre au-delà du cadre de deuxième ligne vers une population de patients plus large.
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