Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a rencontré le pape Léon XIV au Vatican jeudi afin de réparer les liens diplomatiques tendus par les attaques répétées du président Donald Trump contre la position du pontife concernant la guerre entre les États-Unis et l'Iran. La visite, décrite comme une mission de réconciliation, intervient après des semaines de querelles qui ont exaspéré le Saint-Siège et ses principaux alliés européens, dont l'Italie.
« L'attaquer de la sorte ou critiquer ce qu'il fait me semble pour le moins étrange », a déclaré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, à la veille de la visite de Rubio, soulignant la frustration du Saint-Siège.
La friction diplomatique fait suite à l'affirmation du président Trump selon laquelle le Pape estime qu'il est « acceptable que l'Iran possède l'arme nucléaire », une affirmation que le Vatican nie avec véhémence, rappelant son opposition de longue date à toutes les armes nucléaires. Le différend a également impliqué des alliés européens comme l'Italie, dont les dirigeants, notamment la Première ministre Giorgia Meloni et le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, ont défendu le Pape et critiqué la position américaine sur l'Iran, créant un paysage diplomatique complexe pour Rubio.
L'escalade des tensions menace d'affaiblir les alliances clés des États-Unis et d'introduire une volatilité supplémentaire sur les marchés européens, où l'opinion publique italienne associe déjà l'administration Trump à l'inflation et au prix élevé du pétrole. La mission de Rubio est perçue par certains non seulement comme un exercice de réconciliation pour l'administration, mais aussi comme une manœuvre visant à renforcer sa propre stature politique en tant que républicain catholique de premier plan avant la course présidentielle de 2028.
Une mission diplomatique, pas une mission de conversion
Rubio, catholique pratiquant, a passé près de trois heures au Vatican, s'entretenant séparément avec le pape Léon et le cardinal Parolin. Le département d'État a qualifié ces rencontres de témoignage de la « relation solide » et du « partenariat durable » entre les États-Unis et le Saint-Siège, axés sur les efforts humanitaires et la promotion de la paix.
Le père Antonio Spadaro, sous-secrétaire au bureau de la culture du Vatican, a noté que Washington « en est venu à reconnaître — implicitement mais lisiblement — que la voix de [Léon] a un poids dans le monde qui ne peut être simplement ignoré ». Il a présenté la visite de Rubio comme un « correctif sémantique » à un récit de conflit, plutôt que comme une tentative de changer les vues du Pape.
Les tensions ont éclaté le mois dernier lorsque le président Trump s'en est pris au pape Léon suite à ses critiques perçues contre les politiques d'immigration de l'administration et la guerre en Iran. Le Pape prêche invariablement un message de paix, arguant que le dialogue est préférable au conflit et que le concept de « guerre juste » doit être réévalué à l'ère nucléaire.
L'alliance italienne sous tension
La tournée diplomatique de Rubio se poursuit vendredi avec des rencontres prévues avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ces discussions pourraient s'avérer tout aussi délicates. Les deux dirigeants italiens ont publiquement condamné les attaques de Trump contre le Pape, les qualifiant d'« inacceptables ».
Le gouvernement Meloni fait face à une large opposition intérieure à la guerre contre l'Iran, ce qui rend difficile politiquement l'affichage d'une unité publique avec l'administration américaine. Carlo Calenda, sénateur italien, a noté que l'opinion publique italienne est « très hostile à Trump », le considérant comme responsable de l'instabilité économique. Ce sentiment, aggravé par les attaques contre le Pape, rend difficile l'alignement de Meloni sur la Maison Blanche.
Au-delà de la querelle diplomatique immédiate, l'ordre du jour de la visite incluait également la situation à Cuba. Le Saint-Siège s'inquiète des menaces d'action militaire potentielle de l'administration Trump sur l'île. Rubio, fils d'immigrés cubains, a confirmé que l'aide humanitaire à Cuba, et le rôle de l'Église dans sa distribution, était un sujet de discussion.
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