(P1) Le projet de loi mis à jour sur les stablecoins du Sénat, la loi CLARITY, fait face à plus de 100 amendements proposés avant un vote clé, avec plusieurs nouvelles dispositions ciblant les développeurs de finance décentralisée et créant une responsabilité pénale potentielle pour le code logiciel.
(P2) « Le projet de loi comprend des dispositions cruciales pour les développeurs », a noté un groupe industriel, considérant l'inclusion du Blockchain Regulatory Certainty Act (BRCA) comme une victoire significative pour le secteur crypto et s'alignant sur la vision de progrès collaboratif du président Tim Scott.
(P3) Le projet mis à jour, publié avant une session d'examen le 14 mai 2026, intègre le BRCA pour exempter les développeurs non-hébergés des lois sur les transmetteurs de fonds. Cependant, d'autres amendements des démocrates, tels que celui de la sénatrice Catherine Cortez Masto, cherchent à créer une « sphère de sécurité » contre la responsabilité pénale, soulignant le débat contentieux. Un autre amendement du sénateur Chris Van Hollen vise à interdire aux hauts responsables du gouvernement et à leurs familles de posséder des cryptos.
(P4) L'avenir du marché des stablecoins de 240 milliards de dollars et de l'innovation DeFi aux États-Unis est en jeu. Si des amendements restrictifs passent, cela pourrait étouffer le développement et pousser les projets à l'étranger, tandis que l'échec de tout projet de loi laisserait l'industrie sous un nuage d'incertitude réglementaire, impactant des protocoles DeFi comme Aave, qui a récemment obtenu 25 millions de dollars de financement.
La DeFi à la croisée des chemins : BRCA contre responsabilité pénale
L'ajout le plus significatif au projet du Sénat est le Blockchain Regulatory Certainty Act (BRCA). Cette disposition précise que les développeurs de logiciels et les prestataires de services non-hébergés ne sont pas des transmetteurs de fonds, une mesure qui réduirait considérablement les risques liés au développement sur les blockchains publiques aux États-Unis. Cela répond directement à une crainte majeure de la communauté des développeurs : être tenu responsable de la manière dont les autres utilisent le code open-source.
Cependant, cette protection est débattue. Alors que le BRCA offre une exemption large, un amendement de la sénatrice Catherine Cortez Masto propose une « sphère de sécurité plus spécifique contre la responsabilité pénale pour ne pas s'être enregistré en tant que transmetteur de fonds ». La subtile différence de langage souligne la bataille en cours pour définir les lignes de responsabilité dans un écosystème décentralisé.
Le débat sur les récompenses des stablecoins et le « compromis 404 »
Un point central de discorde reste le traitement des récompenses versées aux détenteurs de stablecoins. Un « compromis 404 » dans le projet de loi n'autorise les récompenses que lorsqu'elles ne sont pas équivalentes aux intérêts d'un dépôt bancaire. Ce langage, poussé par les sénateurs Elizabeth Warren et Thom Tillis, vise à empêcher les émetteurs de stablecoins de concurrencer directement les banques traditionnelles.
Il s'agit d'une question commercialement sensible qui a provoqué l'échec d'une précédente session d'examen en janvier 2026 après que Coinbase a retiré son soutien. Pour les émetteurs, la capacité de partager les intérêts de réserve avec les utilisateurs est un puissant outil de croissance. Pour les banques, cela représente une menace potentielle pour leur base de dépôts, une préoccupation que Moody's a jugée faible mais que les régulateurs souhaitent contenir structurellement.
Le chemin vers la loi reste incertain
Le projet de loi du Sénat doit être réconcilié avec la version de la loi CLARITY de la Chambre des représentants, adoptée à l'été 2025 et qui manque notablement des protections du BRCA pour les développeurs. L'obtention d'un projet de loi unifié nécessite une majorité de 60 voix au Sénat, une barre haute pour la fragile coalition bipartite. Les démocrates ont également soulevé des inquiétudes concernant l'omission dans le projet de loi de langage traitant des 1,4 milliard de dollars de gains crypto signalés par la famille de l'ancien président Trump, l'utilisant comme monnaie d'échange potentielle pour un soutien plus large. Les législateurs visent à soumettre un projet de loi final au président d'ici Thanksgiving 2026.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.