Swatch Group AG se prépare à un affrontement entre actionnaires lors de son assemblée annuelle ce mardi, après que deux conseillers en vote clés ont soutenu le défi lancé par un investisseur activiste au contrôle de la famille Hayek.
« Un vote en faveur de M. Wood constituerait une étape constructive vers l'amélioration de la surveillance et le rétablissement de la confiance des investisseurs », a déclaré Institutional Shareholder Services (ISS) dans sa recommandation.
La contestation émane de Steven Wood, de GreenWood, un fonds détenant environ 0,5 % des actions Swatch. ISS et Glass Lewis ont tous deux recommandé aux investisseurs de soutenir Wood pour un siège au conseil d'administration au détriment du candidat de la société, Andreas Rickenbacher. La famille Hayek contrôle plus de 40 % des droits de vote grâce à une structure d'actions à vote double.
Ce vote met en lumière le mécontentement des investisseurs face à la performance boursière languissante et à la gouvernance de Swatch. Bien que le pouvoir de vote de la famille Hayek rende l'élection de Wood peu probable, un soutien massif des autres actionnaires pourrait forcer le conseil d'administration à envisager des réformes.
Cette pression en faveur du changement fait suite à une période de sous-performance significative pour l'horloger. L'action Swatch a sous-performé par rapport à des pairs comme Richemont et Kering, et la société a enregistré une chute de 89 % de son bénéfice net l'année dernière, affaiblie par le ralentissement de la demande en Chine.
Wood a fait valoir que le conseil d'administration, dont l'ancienneté moyenne est d'environ 20 ans, nécessite un renouvellement et un plan de succession plus clair pour ses dirigeants vieillissants. En plus de sa nomination au conseil, Wood a soumis six propositions visant à accroître la représentation des actionnaires minoritaires et à renforcer l'indépendance du conseil.
Swatch a défendu son conseil d'administration « éprouvé et compétent » et a affirmé que Wood se concentrait sur des gains à court terme. La société a résisté aux appels à des changements plus larges, affirmant qu'il n'était pas nécessaire de modifier ses statuts au-delà des exigences légales suisses.
L'issue du vote de mardi sera un test crucial de l'emprise de la famille Hayek sur l'entreprise. Un vote substantiel en faveur de Wood, même en cas de défaite, augmenterait la pression sur la direction pour qu'elle réponde aux préoccupations de gouvernance et procède à des changements stratégiques pour améliorer la performance.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.