Le président Donald Trump a prévenu que ne pas restituer 300 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés nuirait au dollar américain, liant la force de la monnaie à un possible allègement des sanctions pétrolières contre Téhéran.
Le président Donald Trump a prévenu que ne pas restituer 300 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés nuirait au dollar américain, liant la force de la monnaie à un possible allègement des sanctions pétrolières contre Téhéran.

Le président Donald Trump a déclaré que le fait de retenir 300 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés serait "mauvais pour le dollar américain", liant la force de la monnaie à un possible retrait des sanctions pétrolières contre la République islamique.
"À un moment donné, nous rendrons leur argent à l'Iran", a déclaré Trump dans des propos rapportés par les médias financiers chinois. "Si les fonds ne sont pas restitués à l'Iran, ce sera mauvais pour le dollar américain. C'est leur argent."
Ces commentaires interviennent alors que les États-Unis et l'Iran sont parvenus à un accord pour mettre fin aux hostilités et rouvrir le détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement par lequel transite environ 21 % du commerce mondial de pétrole, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Trump a déclaré que les sanctions pétrolières ne seraient levées que si l'Iran "se comporte bien", et que les 300 milliards de dollars d'aide ne seraient débloqués qu'à la même condition.
Ces propos introduisent une nouvelle dimension de risque géopolitique sur les marchés des changes. En liant explicitement la performance du dollar à un différend bilatéral, Trump a ouvert la voie aux traders pour intégrer une prime de désescalade des sanctions — ou un scénario négatif pour le dollar si l'accord échoue. L'indice du dollar est resté résilient sous le mandat de Trump, mais toute perception que les négociations géopolitiques pourraient influencer la politique monétaire pourrait introduire une nouvelle variable pour les marchés des changes.
Diplomatie du dollar et levier géopolitique
La façon dont Trump présente le sort du dollar comme tributaire d'un accord avec l'Iran constitue une rupture inhabituelle avec la politique américaine traditionnelle, qui a longtemps soutenu que le statut de réserve du dollar relevait de la crédibilité institutionnelle, et non de la diplomatie transactionnelle. La dernière fois qu'un président américain a explicitement lié la politique du dollar à un résultat de politique étrangère remonte à l'Accord du Plaza de 1985, lorsque l'administration Reagan avait lié la coordination monétaire à des concessions commerciales du Japon et de l'Allemagne, conduisant finalement à une dépréciation coordonnée du dollar d'environ 30 % sur deux ans.
Le chiffre de 300 milliards de dollars cité par Trump fait probablement référence aux avoirs iraniens gelés dans plusieurs juridictions, dont environ 6 milliards de dollars en Corée du Sud dans le cadre d'un accord d'échange de prisonniers conclu en septembre 2023. Cet accord, qui prévoyait le transfert de fonds vers le Qatar pour des achats humanitaires, a été un point de discorde entre les deux nations.
Et ensuite
L'accord entre les États-Unis et l'Iran n'a pas été rendu public, et les responsables ont offert des interprétations contradictoires de ses termes. Trump a par ailleurs félicité séparément les dirigeants de la Russie et de la Chine tout en décrivant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme "un gars très difficile", suggérant un réalignement plus large des priorités diplomatiques américaines qui pourrait remodeler les marchés de l'énergie et la dynamique sécuritaire au Moyen-Orient.
Une normalisation des flux pétroliers iraniens pourrait ajouter environ 1 million de barils par jour aux marchés mondiaux, exerçant potentiellement une pression à la baisse sur les prix du brut. Pour les cambistes, la question clé est de savoir si le rôle du dollar en tant qu'outil géopolitique deviendra un thème récurrent. Si les marchés commencent à intégrer une probabilité plus élevée d'allègement des sanctions, le dollar pourrait faire face à des vents contraires, tandis que le pétrole brut pourrait subir une pression à la baisse en raison des attentes d'une offre accrue.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.