L'économie américaine a progressé à un taux annualisé de 1,6 % au premier trimestre, une révision à la baisse par rapport à l'estimation initiale de 2 % qui signale un ralentissement de la dynamique.
L'économie américaine a progressé à un taux annualisé de 1,6 % au premier trimestre, une révision à la baisse par rapport à l'estimation initiale de 2 % qui signale un ralentissement de la dynamique.

L'économie américaine a progressé à un taux annualisé de 1,6 % au cours des trois premiers mois de l'année, a annoncé jeudi le Bureau of Economic Analysis, une révision à la baisse par rapport à l'estimation préliminaire de 2 % qui signale une perte de dynamique à l'approche du deuxième trimestre.
"Cette révision à la baisse confirme que la croissance ralentit après une année 2025 solide, sans pour autant s'effondrer — ce qui maintient la Fed dans une posture d'attentisme", ont écrit les analystes de Monex Europe dans une note. Cette révision intervient alors que l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board s'est établi à 93,1 en mai, au-dessus du consensus de 92,0, bien que la composante Situation actuelle ait glissé à 121,2, les répondants signalant l'impact inflationniste de la guerre.
Ces données précèdent les publications simultanées de jeudi des demandes hebdomadaires d'allocations chômage et de l'indice PCE de base d'avril, l'indicateur d'inflation privilégié par la Fed. L'indice du dollar s'est maintenu près de 99,1 après la publication, tandis que le brut Brent s'échangeait près de 95 dollars le baril, les risques au Moyen-Orient persistant.
Ralentissement de la croissance en contexte
Le rythme annualisé de 1,6 % marque une décélération par rapport au taux de 3,1 % enregistré au quatrième trimestre 2025, selon les données du BEA. La révision à la baisse par rapport à l'estimation initiale de 2 % a été motivée par des dépenses de consommation et des investissements des entreprises plus faibles que ceux initialement rapportés, bien que le BEA n'ait pas fourni immédiatement une ventilation complète par composante.
Cette révision ramène le chiffre du premier trimestre en dessous de la plupart des estimations du taux de croissance potentielle de l'économie, un seuil qui signale généralement que l'économie fonctionne en dessous de sa capacité. La dernière fois que la croissance du PIB a été révisée à la baisse d'une ampleur similaire, c'était au troisième trimestre 2024, lorsque la lecture initiale de 3 % avait été réduite à 2,8 %.
Divergence des banques centrales mondiales
Le ralentissement américain contraste avec les trajectoires politiques divergentes des grandes banques centrales. La Banque centrale européenne devrait relever ses taux en juin, le chef économiste de la BCE, Philip Lane, ayant préparé les marchés à des projections des services qui réviseront l'inflation à la hausse et la croissance à la baisse pour refléter les répercussions macroéconomiques de la guerre, selon Monex.
La Banque d'Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % plus tôt en mai, avec un vote hawkish divisé, le discours prévu du gouverneur Andrew Bailey vendredi étant l'événement central pour la livre sterling cette semaine. La Banque du Canada, en revanche, a maintenu son taux directeur à 2,25 % et laissé les options de baisse et de hausse sur la table. Le PIB du premier trimestre du Canada est attendu vendredi avec un consensus autour de 1,5 % annualisé, un rebond marqué par rapport à une contraction de 0,6 % au quatrième trimestre.
Réaction trans-actifs
Les rendements des bons du Trésor ont légèrement baissé après la publication, les traders ayant renforcé leurs paris sur une baisse des taux. Le S&P 500 s'échangeait près de 7 520, peu changé sur la séance, les données renforçant les attentes d'une politique monétaire plus accommodante sans déclencher de craintes de récession. Le dollar a cédé une partie des gains de mardi après que de nouvelles frappes américaines sur des cibles iraniennes ont poussé le brut Brent vers 95 dollars le baril.
Sur les marchés des changes, l'euro se maintenait près de 1,08 dollar face au billet vert, l'EURUSD étant soutenu par les perspectives de taux asymétriques entre une BCE penchant pour une hausse et une Fed en attente. La livre sterling s'échangeait près de 1,34 dollar, la livre étant vulnérable à une nouvelle escalade au Moyen-Orient compte tenu de l'exposition du Royaume-Uni aux primes de risque géopolitique.
Cette révision à la baisse accroît les enjeux pour le reste des données de la semaine, l'indice PCE de base d'avril étant attendu plus tard jeudi. Une lecture plus modérée de l'inflation combinée à un PIB plus faible renforcerait les arguments en faveur d'une baisse des taux, tandis qu'un chiffre élevé du PCE compliquerait la communication de la Fed avant sa réunion des 17 et 18 juin.
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