Les États-Unis et l'Iran ont échangé pour la première fois des « formules » directes sur l'avenir du programme nucléaire de Téhéran, un signe de progrès qui a été éclipsé par les préparatifs d'une frappe militaire américaine décisive, alors que le président Donald Trump s'impatiente face à la lenteur des discussions.
« J'ai le sentiment que l'Iran et les États-Unis se dirigent progressivement vers une entente initiale », a déclaré Ahmad Bakhshayesh Ardestani, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien, à Euronews, tout en mettant en garde contre une réponse militaire sévère à toute nouvelle attaque.
Les espoirs d'une percée diplomatique, qui avaient brièvement fait baisser les prix du pétrole, se sont évanouis. Le baril de pétrole est monté à 107 dollars après des informations selon lesquelles le Guide suprême de l'Iran aurait ordonné que l'uranium hautement enrichi du pays ne soit pas envoyé à l'étranger, selon Reuters. La référence a augmenté de 45 % depuis le début du conflit, tandis que le Trésor américain a gelé près de 500 millions de dollars d'actifs cryptographiques iraniens dans le cadre de son « Opération Fureur Économique ».
L'aboutissement diplomatique intervient alors qu'un cessez-le-feu fragile en place depuis le 8 avril s'effrite. Un effondrement des pourparlers pourrait déclencher le plan « Combat 3.0 » menacé par l'Iran, un plan qui comprendrait le blocus du détroit de Bab el-Mandeb, la coupure des câbles Internet sous-marins et le lancement d'attaques de missiles sur les infrastructures énergétiques du Golfe, ce qui aurait un impact dévastateur sur l'économie mondiale.
Trump envisage une frappe « décisive »
Le président Trump envisage sérieusement une opération militaire finale à grande échelle contre l'Iran, annulant un voyage de week-end et les projets de mariage de son fils pour rencontrer son équipe de sécurité nationale le 22 mai. Cette décision signale une impatience croissante à l'égard de la voie diplomatique actuelle, médiatisée par le Pakistan. Alors que Trump a déclaré aux journalistes que les États-Unis en étaient aux « dernières étapes » de la diplomatie, il a également averti qu'il pourrait reprendre les attaques, déclarant : « Soit nous aurons un accord, soit nous allons faire des choses un peu méchantes. »
La pression de Washington est multiforme et s'étend au domaine numérique. L'« Opération Fureur Économique » du Trésor américain s'est intensifiée, gelant près de 500 millions de dollars d'actifs numériques liés au régime, avec une saisie récente de 344 millions de dollars en USDT sur le réseau Tron. On estime que l'Iran détient un total de 7,7 milliards de dollars d'actifs numériques, car il utilise de plus en plus le Bitcoin pour contourner le système bancaire traditionnel, notamment pour une nouvelle plateforme d'assurance maritime soutenue par l'État.
Ajoutant à la tension, les armées américaine et israélienne auraient étendu leur coordination en vue de la reprise des combats, selon un rapport de Walla.
La menace « Combat 3.0 » de l'Iran
En réponse à la menace accrue, l'Iran a prévenu qu'il déclencherait la « version 3.0 » de sa stratégie militaire s'il était attaqué. Téhéran a temporairement fermé la majeure partie de son espace aérien occidental aux vols commerciaux jusqu'au 25 mai.
Selon des sources citées par The Hormuz Letter, cette nouvelle phase de conflit impliquerait des contre-mesures économiques dévastatrices. Le plan comprend une tentative de « blocus par le feu » du détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage critique pour le commerce maritime, et la section de sept câbles Internet sous-marins dans le détroit d'Ormuz. De plus, le plan prévoit des attaques quotidiennes avec des « missiles et drones de nouvelle génération » ciblant les infrastructures énergétiques du Golfe. Un parlementaire iranien a averti que si des frappes américaines touchaient des sites énergétiques ou nucléaires, l'Iran déploierait « toutes les mesures asymétriques qu'il a retenues jusqu'à présent », y compris des attaques directes sur les puits de pétrole régionaux.
Une voie diplomatique qui se rétrécit
Malgré les postures militaires, les canaux diplomatiques restent ouverts, bien que de manière étroite. Pour la première fois, les deux parties ont échangé des « formules » concernant le programme nucléaire, un développement interprété par les États-Unis et Israël comme un signe de faiblesse iranienne sous la pression. La dernière proposition américaine a « réduit les écarts dans une certaine mesure », selon le ministère iranien des Affaires étrangères, mais des points de friction majeurs subsistent.
Téhéran exige la fin des combats sur tous les fronts, y compris au Liban, et le dégel des avoirs sanctionnés. Un obstacle majeur est le sort du stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran. Les États-Unis exigent qu'il soit remis, tandis que le Guide suprême de l'Iran, Mojtaba Khamenei, aurait émis une directive stipulant que le matériau de qualité proche de celle des armes ne doit pas quitter le pays.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.