Le département de la Justice des États-Unis cherche à savoir si des traders ont utilisé des informations privilégiées sur les annonces de guerre entre les États-Unis et l'Iran pour tirer profit de plus de 2,6 milliards de dollars de transactions pétrolières.
Le département de la Justice des États-Unis a lancé une enquête sur une série de transactions pétrolières massives et au timing suspect, se demandant si des traders ont profité d'informations non publiques liées à la guerre avec l'Iran. L'enquête, menée avec la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), examine plus de 2,6 milliards de dollars de transactions qui ont correctement anticipé de fortes variations du marché suite à des annonces clés de l'administration Trump.
L'enquête fait suite aux appels de législateurs démocrates, dont les sénateurs Elizabeth Warren et Sheldon Whitehouse, qui avaient précédemment exhorté les régulateurs à examiner des transactions au « timing anormal » suggérant de potentielles fuites d'informations sensibles. Le cœur de l'enquête est de savoir si des traders ont été informés d'actions militaires américaines, de négociations de cessez-le-feu ou de déclarations diplomatiques avant qu'elles ne soient rendues publiques.
Plusieurs transactions sont sous surveillance en raison de leur timing. Une transaction notable impliquait un pari de 500 millions de dollars contre les prix du pétrole quelques minutes seulement avant l'annonce surprise du président Trump, le 23 mars, de retarder toute action militaire supplémentaire contre l'Iran, une décision qui a fait chuter les prix. Une autre comprend près de 960 millions de dollars de positions courtes placées peu avant l'annonce d'un cessez-le-feu le 7 avril. Plus récemment, le 6 mai, des traders ont vendu plus de 700 millions de dollars de contrats à terme Brent et WTI en l'espace de cinq minutes, une heure avant qu'un rapport de presse ne suggère une percée diplomatique, faisant chuter le WTI de 7 % et le Brent de 7,8 % à la clôture.
Cette enquête soulève des questions cruciales sur l'intégrité des marchés de matières premières et la sécurité des informations gouvernementales sensibles lors d'un conflit majeur. La possibilité que des décisions politiques liées à la guerre aient fait l'objet de fuites à des fins financières pourrait saper la confiance du public et révéler d'importantes vulnérabilités dans la gestion des renseignements influençant les marchés. La dernière fois que des allégations de fuites gouvernementales similaires ont fait surface lors d'une crise géopolitique, cela a conduit à une enquête de plusieurs années qui a renforcé les protocoles de conformité dans l'ensemble des agences fédérales.
### Sanctions et pression du marché
L'enquête sur les transactions intervient alors que Washington continue d'exercer une pression économique sur Téhéran et ses alliés. Le Trésor américain a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre le vice-ministre irakien du Pétrole, Ali Maarij Al-Bahadly, et d'autres responsables, les accusant d'avoir aidé à détourner du pétrole au profit de groupes soutenus par l'Iran. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une stratégie plus large visant à paralyser les réseaux financiers soutenant l'effort de guerre de Téhéran.
Le conflit et les sanctions associées ont déjà eu un impact mesurable sur l'approvisionnement énergétique mondial. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a récemment déclaré que la production de pétrole de l'Iran a chuté d'environ 400 000 barils par jour, et que d'autres baisses sont attendues à mesure que ses installations de stockage atteignent leur capacité maximale. La volatilité est devenue si extrême que certains acteurs majeurs, comme Occidental Petroleum, auraient suspendu leurs nouvelles activités de couverture sur le pétrole brut. Les responsables de la Réserve fédérale ont également commencé à avertir que le conflit au Moyen-Orient pourrait devenir un « choc inflationniste persistant » pour l'économie américaine.
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