Le déficit commercial américain s'est creusé à 78,7 milliards de dollars en mai, l'écart le plus important depuis plus d'un an, les importations ayant grimpé et les exportations ayant diminué.
Le déficit de mai, publié lundi par le Bureau du recensement, se compare à un déficit de 55,9 milliards de dollars en avril et constitue le plus important depuis le record pré-tarifaire de 133,0 milliards de dollars en mars 2025. Selon les données, les importations ont augmenté tandis que les exportations ont baissé au cours du mois.
L'élargissement de 22,8 milliards de dollars d'un mois sur l'autre représente la plus forte expansion mensuelle depuis la flambée provoquée par les droits de douane au début de l'année 2025. Le déficit d'avril de 55,9 milliards de dollars avait brièvement amorcé un rétrécissement après quatre mois consécutifs d'élargissement, mais le retournement de mai suggère que la tendance sous-jacente reste à des déséquilibres plus importants. Le pic de mars 2025 à 133,0 milliards de dollars est survenu lors de l'entrée en vigueur des droits de douane généralisés, et bien que le déficit se soit ensuite contracté de plus de moitié au cours des 13 mois suivants, les données de mai indiquent que cet ajustement pourrait avoir atteint ses limites.
L'élargissement du déficit commercial pèse sur le produit intérieur brut du deuxième trimestre, car les exportations nettes sont directement soustraites des calculs du PIB. Un déficit plus large réduit généralement la contribution du commerce à la croissance économique, ce qui pourrait freiner le taux d'expansion trimestriel. La seule variation d'avril à mai pourrait réduire d'environ un demi-point de pourcentage la croissance annualisée du PIB au deuxième trimestre, toutes choses égales par ailleurs.
La politique commerciale reste un enjeu central à l'approche du cycle électoral, l'escalade tarifaire de mars 2025 représentant l'action commerciale la plus significative depuis des décennies. Le déficit persistant pourrait relancer le débat sur l'efficacité de la politique tarifaire en tant qu'outil de rééquilibrage des flux commerciaux, alors que les États-Unis approchent d'une élection présidentielle. Les données de mai suggèrent que la demande d'importations s'est avérée plus résiliente que prévu par les décideurs politiques, tandis que la croissance des exportations continue de faire face à des vents contraires, à la fois en raison du dollar fort et des mesures de rétorsion des partenaires commerciaux.
Le prochain rapport commercial du Bureau du recensement, couvrant le mois de juin, doit être publié début août. Les économistes observeront si la tendance à l'élargissement se poursuit ou si les données de mai représentent une aberration ponctuelle due à des facteurs saisonniers. L'évolution du déficit dans les mois à venir aura des implications à la fois pour la croissance du PIB et le discours sur la politique commerciale à l'approche des élections.
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