L'événement en détail
Les données officielles révèlent que l'excédent commercial de la Chine a atteint un record de 1 080 milliards de dollars au cours des 11 premiers mois de l'année, soulignant sa domination continue dans les exportations mondiales. Les exportations totales ont augmenté de 5,4 % pour atteindre 3 400 milliards de dollars, tandis que les importations ont légèrement diminué de 0,6 % pour s'établir à 2 300 milliards de dollars. Ce déséquilibre commercial est en outre soutenu par une solide position financière, les réserves de change du pays ayant augmenté pour le quatrième mois consécutif en novembre pour atteindre 3 346 milliards de dollars, selon l'Administration d'État des changes. Bien que la croissance des réserves ait été inférieure aux attentes des analystes, elle démontre un tampon financier résilient dans un contexte économique mondial complexe.
Implications pour le marché
L'excédent commercial grandissant génère des frictions importantes avec les principaux partenaires commerciaux, en particulier l'Union européenne. Le déficit commercial de biens de l'UE avec la Chine a augmenté de près de 60 % depuis 2019, un chiffre que les dirigeants européens décrivent désormais comme insoutenable. L'implication immédiate pour le marché est la probabilité croissante de nouvelles mesures protectionnistes. La menace de tarifs douaniers de la part de l'Europe pourrait perturber les flux commerciaux établis et forcer une réévaluation plus poussée des dépendances de la chaîne d'approvisionnement vis-à-vis de la Chine, accélérant potentiellement une tendance qui a débuté pendant la guerre commerciale américano-chinoise.
Le président français Emmanuel Macron a adopté une position particulièrement ferme sur la question. Dans une interview récente, il a exprimé la frustration croissante au sein de l'Europe :
"J'ai essayé d'expliquer aux Chinois que leur excédent commercial est insoutenable parce qu'ils tuent leurs propres clients, notamment en n'important plus beaucoup de nous... Je leur ai dit que s'ils ne réagissent pas, nous, Européens, serions contraints, dans les mois à venir, de prendre des mesures fortes à l'exemple des États-Unis, comme l'imposition de tarifs douaniers sur les produits chinois."
Macron a décrit la situation comme une question de "vie ou de mort pour l'industrie européenne", qu'il a déclaré être prise entre le protectionnisme américain et la stratégie industrielle de la Chine. Tout en menaçant de tarifs douaniers, il a également proposé une voie plus conciliante impliquant le démantèlement mutuel des restrictions commerciales sur des articles tels que les machines à semi-conducteurs et les terres rares.
Contexte plus large
Ce développement s'inscrit dans le contexte d'un changement structurel dans la fabrication et la logistique mondiales. L'analyse de Wells Fargo Supply Chain Finance indique que la proportion du volume des fournisseurs de Chine, de Hong Kong et de Corée est passée de 90 % à 50 % au cours de la dernière décennie. Cette diversification s'est intensifiée après la mise en œuvre des premiers tarifs américains.
Les données de Project 44 corroborent cette tendance, montrant que si les importations américaines de Chine ont diminué, le commerce entre la Chine et d'autres nations asiatiques a augmenté. En 2025, le commerce de la Chine a augmenté de 29,2 % avec l'Indonésie, de 23 % avec le Vietnam et de 19,4 % avec l'Inde. Par conséquent, les volumes de conteneurs vers les États-Unis en provenance de ces centres de fabrication alternatifs ont augmenté, le Vietnam connaissant une augmentation de 23 %. Cela indique que si le moteur d'exportation de la Chine reste puissant, la chaîne d'approvisionnement mondiale est de moins en moins centralisée, une tendance susceptible d'être renforcée par les nouvelles politiques commerciales européennes.