Résumé
L'Office for Budget Responsibility (OBR) du Royaume-Uni a involontairement publié ses prévisions économiques et fiscales avant l'annonce prévue du budget d'automne. Le rapport a révélé d'importantes révisions à la baisse de la croissance future du PIB du Royaume-Uni, projetant une expansion de seulement 1,4 % en 2026, contre 1,9 % précédemment prévu. Malgré les perspectives économiques baissières, la réaction immédiate du marché a vu les coûts d'emprunt du gouvernement britannique chuter.
L'événement en détail
L'OBR devait publier ses prévisions après la présentation du budget par la ministre des Finances Rachel Reeves. Cependant, le document, intitulé « Perspectives économiques et fiscales de novembre 2025 », a été publié prématurément sur son site Web. L'OBR a depuis présenté des excuses et lancé une enquête sur la fuite, que certains rapports suggèrent pourrait être considérée comme un « acte criminel ».
Le cœur des prévisions comprenait plusieurs révisions à la baisse de la croissance économique :
- Croissance du PIB 2026 : Révisée à la baisse de 1,9 % à 1,4 %.
- Croissance du PIB 2027 : Révisée à la baisse de 1,8 % à 1,5 %.
- Croissance du PIB 2028 : Révisée à la baisse de 1,7 % à 1,5 %.
- Croissance du PIB 2029 : Révisée à la baisse de 1,8 % à 1,5 %.
Implications pour le marché
Immédiatement après la publication accidentelle, les coûts d'emprunt du gouvernement britannique ont diminué, un mouvement contre-intuitif compte tenu des révisions négatives de la croissance. Cela a été observé dans les transactions d'obligations d'État britanniques, connues sous le nom de Gilts. La chute des rendements s'est produite même si le Royaume-Uni est aux prises avec les coûts d'emprunt les plus élevés parmi les nations du G7, avec un rendement des Gilts à 30 ans qui a dépassé 5 % pendant une grande partie de l'année. Alors que les rendements obligataires reflètent les coûts d'emprunt du gouvernement, ils ont également une influence directe sur les taux hypothécaires, les emprunts personnels et les rendements des investissements plus larges.
Contexte plus large et perspectives budgétaires
Les prévisions révisées dressent un tableau à long terme difficile pour l'économie britannique. Selon les données de l'OBR qui ont fait l'objet d'une fuite, le fardeau fiscal du Royaume-Uni devrait grimper à un record de 38,3 % du PIB d'ici 2031. Ce fardeau fiscal croissant accompagne une période de croissance ralentie. L'analyse de l'EY ITEM Club souligne les multiplicateurs budgétaires propres à l'OBR, qui suggèrent que les augmentations d'impôts ont un impact moins néfaste sur l'activité économique que des réductions équivalentes des dépenses publiques. Selon les estimations de l'OBR, une augmentation d'impôts équivalente à 1 % du PIB réduirait l'activité économique d'environ 0,3 % à son apogée.