Résumé
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit un ralentissement de la croissance économique américaine en raison des droits de douane. Si les investissements dans l'IA peuvent apporter un certain soutien, l'inflation persistante et l'augmentation de la dette nationale alimentent les inquiétudes concernant une stagflation potentielle.
L'événement en détail
L'OCDE a révisé ses perspectives économiques, prévoyant que la croissance américaine décélérera à 2,0 % en 2025 et à 1,7 % en 2026. Un facteur principal de ce ralentissement est la mise en œuvre de droits de douane plus élevés, qui devraient également maintenir l'inflation américaine obstinément élevée, les prévisions la montrant à 3 % en 2026. Ce scénario remet en question la stabilité budgétaire des États-Unis, qui dépensent actuellement plus de 10 milliards de dollars par semaine pour le service de sa dette nationale de 38 000 milliards de dollars. Les plans proposés d'utiliser les recettes tarifaires pour verser un dividende de 2 000 dollars aux particuliers coûteraient environ 600 milliards de dollars par an, un chiffre qui pourrait dépasser les recettes réelles générées par les droits de douane, que les projections situent entre 191 milliards et 256 milliards de dollars par an.
Implications pour le marché
La confluence d'un ralentissement de la croissance et d'une inflation persistante a entraîné une augmentation de l'anxiété du marché concernant une « stagflation légère ». Les économistes de RBC avertissent que cet environnement pourrait se matérialiser en 2026, à mesure que les droits de douane continuent de se répercuter sur les biens de consommation. Cette pression est déjà visible dans le secteur de la vente au détail. Les actions de Build-A-Bear ont chuté de 13 % après que la société a déclaré que, bien qu'elle ait atténué les impacts tarifaires initiaux, les prélèvements pèseraient sur la performance jusqu'en 2026. De même, les données de Dollar General (DG) indiquent que si les consommateurs à faible revenu sont résilients dans l'achat de produits essentiels, ils sont de plus en plus stressés, effectuant des achats plus fréquents mais achetant moins d'articles. Cela suggère un marché de consommation bifurqué où le pouvoir d'achat s'érode à l'extrémité inférieure.
Les experts financiers offrent une gamme de perspectives sur les perspectives économiques. Deutsche Bank reste optimiste quant à la croissance américaine pour 2026, projetant une expansion de 2,4 %, mais note que les déficits gouvernementaux élevés jettent une « ombre » sur les prévisions. Ajoutant de la nuance au débat sur la santé des consommateurs, l'économiste de Goldman Sachs, Joseph Briggs, a déclaré : « L'endettement des ménages et les coûts de service de la dette restent faibles par rapport aux normes historiques, et les taux de délinquance des cartes de crédit ont continué de se stabiliser jusqu'au troisième trimestre 2025. »
Concernant la politique budgétaire, l'idée que les droits de douane pourraient remplacer les impôts sur le revenu a été rejetée par les experts budgétaires. Douglas Holtz-Eakin de l'American Action Forum a noté qu'un tel plan n'est pas réalisable, car il nécessiterait des taux tarifaires « bien supérieurs à 60 % », ce qui distordrait gravement l'économie. Ce sentiment est repris par l'analyse de la Tax Foundation et de PolitiFact, qui ont constaté que les recettes tarifaires projetées de 191 milliards de dollars pour 2026 sont éclipsées par les 2 400 milliards de dollars perçus en impôts fédéraux sur le revenu en 2024.
Contexte plus large
Les données économiques actuelles présentent un défi important pour la Réserve fédérale. Un marché du travail étonnamment solide, avec des demandes hebdomadaires d'allocations de chômage tombant à leur plus bas niveau depuis septembre 2022, complique le dossier des réductions de taux d'intérêt. Cela crée un conflit entre les mandats de la Fed de contrôler l'inflation et de maintenir l'emploi. Le Comité fédéral de l'Open Market (FOMC) a été plus divisé en 2025 que n'importe quelle année depuis 1993, signalant une profonde incertitude quant à la bonne voie politique à suivre. Le débat se déroule dans un contexte de détérioration de la situation budgétaire des États-Unis, où les lourdes dépenses publiques et une dette nationale de 38 000 milliards de dollars limitent la portée des futures mesures de relance et contribuent aux pressions inflationnistes sous-jacentes.