Le jury ordonne à Meta de payer 375 millions de dollars pour violations délibérées
Le 24 mars 2026, un jury de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, a ordonné à Meta Platforms Inc. de payer 375 millions de dollars de dommages et intérêts, concluant un procès civil historique qui avait débuté le 9 février. Le verdict a établi que l'entreprise avait délibérément violé les lois de protection des consommateurs de l'État en ne protégeant pas adéquatement les enfants des prédateurs sur ses applications Facebook et Instagram. Cette décision représente une pénalité financière significative, bien que non paralysante, pour le géant de la technologie.
L'amende est substantiellement inférieure au montant que les procureurs réclamaient. L'équipe juridique du procureur général du Nouveau-Mexique, Raúl Torrez, avait plaidé en faveur d'une pénalité pouvant atteindre 2 milliards de dollars, calculée à un maximum de 5 000 dollars pour chacun des 208 700 utilisateurs adolescents estimés de l'État. En réponse au verdict, Meta a déclaré son intention de contester la décision. "Nous sommes respectueusement en désaccord avec le verdict et ferons appel", a déclaré un porte-parole de l'entreprise.
Le procès ciblait les algorithmes, pas seulement le contenu
L'affaire, initialement déposée en 2023, est cruciale pour sa stratégie juridique. Les procureurs se sont concentrés sur les pratiques commerciales propres à Meta, arguant que la conception de sa plateforme et ses algorithmes de promotion de contenu constituaient des pratiques commerciales trompeuses et déloyales. Cette approche visait à contourner la section 230 du Communications Decency Act, qui protège généralement les plateformes de la responsabilité du contenu publié par des utilisateurs tiers. L'affaire de l'État était basée sur une enquête sous couverture où des comptes leurres d'enfants ont été créés et ont ensuite été inondés de sollicitations de la part d'abuseurs.
Pendant les six semaines du procès, les procureurs ont présenté des preuves issues de documents internes de l'entreprise et des témoignages d'anciens employés pour affirmer que Meta savait que ses plateformes étaient un "terreau fertile" pour les prédateurs, mais qu'elle avait privilégié les profits à la sécurité. La défense de Meta a rétorqué qu'elle investissait massivement dans les outils de sécurité et qu'elle n'avait jamais garanti une protection absolue, qualifiant l'enquête de l'État de défectueuse.
Le verdict établit un précédent pour les litiges à l'échelle nationale
Ce verdict du Nouveau-Mexique est un événement précurseur pour les investisseurs qui surveillent les risques juridiques et réglementaires croissants auxquels est confrontée l'industrie des médias sociaux. Il s'agit de l'un des premiers cas majeurs à être soumis à un jury dans une vague de litiges ciblant Meta, YouTube de Google, TikTok et Snap concernant l'impact de leurs plateformes sur la jeunesse. Le résultat pourrait influencer des milliers de procès similaires intentés par des districts scolaires, des parents et d'autres États à travers le pays.
Une seconde phase du procès du Nouveau-Mexique, sans jury, suivra, où un juge décidera si Meta a créé une nuisance publique et devrait être tenue de financer des programmes visant à remédier aux préjudices causés aux enfants. Ce verdict, combiné à des procès en cours comme une affaire de préjudice corporel à Los Angeles, signale une menace juridique croissante qui pourrait forcer des changements fondamentaux aux modèles économiques des médias sociaux et imposer d'autres sanctions financières importantes.